Vingt ans après la désillusion du Stade de France, Arsenal s'apprête à vivre un nouveau rendez-vous avec l'histoire. Dimanche, les Londoniens disputeront à Budapest la deuxième finale de Ligue des champions de leur existence, vingt ans jour pour jour après la défaite contre le FC Barcelone en 2006. Un chemin de croix long de deux décennies que Mikel Arteta, l'entraîneur espagnol, entend bien transformer en rédemption.
Le traumatisme de 2006
Le 17 mai 2006, des milliers de supporters avaient quitté Londres pleins d'espoir pour Paris. Le rêve n'avait duré que dix-huit minutes : le gardien Jens Lehmann était expulsé après une faute sur Samuel Eto'o. Arsenal, réduit à dix, avait pourtant ouvert le score par Sol Campbell, avant que Barcelone ne renverse la partie en seconde période grâce à Eto'o et Juliano Belletti. Cette soirée restait comme une blessure ouverte pour un club qui venait pourtant de marquer l'histoire du football anglais avec les "Invincibles" de Patrick Vieira, Thierry Henry, Dennis Bergkamp et Robert Pirès.
La défaite avait eu des conséquences durables. Thierry Henry, star de l'équipe, avait quitté le club l'année suivante pour rejoindre… Barcelone. Les supporters n'avaient jamais vraiment digéré ce gâchis. Le club londonien n'avait plus jamais atteint la finale de la compétition jusqu'à ce printemps 2026.
Le renouveau Arteta
Nommé en décembre 2019, Mikel Arteta a progressivement reconstruit une équipe capable de rivaliser au plus haut niveau européen. Après plusieurs années à dominer le championnat anglais sans parvenir à franchir le dernier carré en Ligue des champions, Arsenal a enfin brisé le plafond de verre cette saison. Le technicien espagnol, formé à la Barcelone de Pep Guardiola, a insufflé une rigueur tactique et une identité offensive qui ont transformé le club.
L'ancien milieu de terrain, qui avait côtoyé les grands d'Arsenal lors de son passage comme joueur entre 2011 et 2016, connaît la culture du club. Il répète à ses joueurs que "les fantômes du passé ne doivent pas peser" et que "cette équipe a l'occasion d'écrire sa propre légende".
Budapest, nouveau décor
La finale se déroulera à la Puskás Aréna de Budapest, une enceinte de 67 000 places. Les supporters d'Arsenal ont de nouveau afflué par milliers vers la capitale hongroise, mais cette fois avec la certitude que l'équipe est prête. L'adversaire n'a pas encore été déterminé au moment de ces lignes, mais Artela a préparé ses hommes à tous les scénarios.
Le parcours d'Arsenal cette saison a été marqué par des performances solides : une défense de fer, un milieu créatif et un attaquant de classe mondiale. Le club, qui n'a plus gagné la moindre coupe d'Europe depuis la Coupe des vainqueurs de coupe en 1994, veut croire que le moment est venu.
Une rédemption attendue
Pour les supporters les plus âgés, le parallèle avec 2006 est saisissant. "C'était une génération dorée qui n'a pas su concrétiser", se souvient un fan de longue date. "Cette fois, on sent que l'équipe a une vraie force mentale." Arteta lui-même a insisté sur l'importance de "tourner la page" et de "ne pas porter le poids de l'histoire".
Si Arsenal l'emporte dimanche, ce sera l'aboutissement d'un long cycle de reconstruction, mais aussi l'effacement symbolique du cauchemar parisien. Le club pourrait alors écrire le plus beau chapitre de son histoire européenne, vingt ans après l'avoir vu s'écrire en lettres de sang et d'or.
Quoi qu'il arrive, les Gunners ont déjà prouvé qu'ils étaient de retour parmi l'élite. Mais une victoire à Budapest transformerait cette renaissance en véritable rédemption.