Une vague de convocations diplomatiques
La Belgique et la France ont convoqué à leur tour les ambassadeurs russes, mercredi 27 mai, pour dénoncer les menaces de Moscou de lancer des frappes « systématiques » contre la capitale ukrainienne. Ces convocations s'ajoutent à celles décidées la veille par l'Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège et l'Union européenne.
« Menacer les ambassades, ce n'est pas de la diplomatie, c'est de l'intimidation. Et c'est une violation flagrante du droit international et de la Convention de Vienne », a déclaré le ministre belge des Affaires étrangères, Maxim Prevot. « La Belgique ne va nulle part. Nous restons à Kiev. Nous sommes aux côtés de l'Ukraine. Et nous ne nous laisserons pas intimider », a-t-il ajouté, tout en appelant Moscou à s'engager dans des négociations de paix authentiques.
Le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué que « les actions de la Russie démontrent son cynisme et son mépris du droit international », et que l'ambassadeur de Russie en France avait été convoqué à la demande du ministre.
Menaces russes et demande ukrainienne de défense aérienne
Le ministère russe de la Défense a annoncé lundi son intention de mener une « série de frappes systématiques » contre des installations de l'industrie de défense à Kiev, en représailles à une frappe de drone ukrainienne qui a touché un dortoir étudiant à Starobilsk, dans la région occupée de Louhansk. Kiev a nié toute responsabilité dans cette attaque. La Russie a depuis intensifié ses frappes : dimanche, 30 missiles balistiques ont été tirés contre l'Ukraine, dont seulement 11 ont été interceptés, selon l'armée de l'air ukrainienne.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a adressé une lettre au président américain Donald Trump et au Congrès des États-Unis, dans laquelle il demande de l'aide pour obtenir des systèmes de défense antiaérienne Patriot et des missiles intercepteurs. « Nous avons déjà proposé que l'Ukraine est prête à acheter le nombre de systèmes Patriot et de missiles intercepteurs dont nous avons besoin », écrit-il. Il a qualifié les missiles balistiques de « dernier avantage majeur » de Moscou sur le champ de bataille.
Poutine ouvert à des discussions avec l'Europe
Dans ce contexte de tensions, le président russe Vladimir Poutine a déclaré mercredi qu'il était prêt à accepter une médiation de l'Union européenne pour mettre fin au conflit. L'idée reste toutefois controversée, les précédentes tentatives de médiation américaine ayant échoué.