Un an après son premier sacre, l'Union Bordeaux-Bègles (UBB) a rendez-vous avec l’histoire. Ce samedi à 15h45, dans la cathédrale de San Mamés à Bilbao, les hommes de Yannick Bru tentent de décrocher une deuxième étoile consécutive en finale de la Champions Cup face à la province irlandaise du Leinster.
Une machine offensive rodée
Les Bordelais ne sont plus une surprise. Avec quinze victoires de suite dans la compétition, ils ont survolé les phases finales : un déplacement en Afrique du Sud, puis Northampton (déjà battu en finale 2025), avant d’écarter Toulouse en quarts (30-15) et Bath en demies (38-26). Leurs statistiques offensives donnent le vertige : 305 points inscrits, 45 essais, 118 franchissements et 240 défenseurs battus, meilleur total de toutes les équipes engagées.
Au cœur de ce système, l’ouvreur Matthieu Jalibert (27 ans, 39 sélections) est en état de grâce. Il domine les classements des franchissements (19), des défenseurs battus (34), des mètres parcourus ballon en main (528) et des offloads (17). « On est sur notre chemin », assure-t-il avec sérénité. Derrière lui, l’ailier Louis Bielle-Biarrey continue d’enchaîner les exploits : 32 essais en 29 matches toutes compétitions confondues cette saison, dont huit en Champions Cup.
Le Leinster, entre expérience et traumatismes
En face, la province irlandaise présente son armure légendaire, mais aussi ses vieilles blessures. Quadruple vainqueur de l’épreuve, le Leinster a perdu quatre finales depuis 2018, dont trois face à des clubs français : La Rochelle en 2022 et 2023, puis Toulouse en 2024. « L’année n’a pas été parfaite en termes de performance, mais je pense que nous avons progressé constamment », reconnaît le capitaine Caelan Doris. Les Irlandais peuvent toutefois se raccrocher à un souvenir : c’est à Bilbao, en 2018, qu’ils ont remporté leur dernière Champions Cup, face au Racing 92.
Deux styles qui s’affrontent
Le match opposera deux philosophies rugbystiques radicalement différentes. D’un côté, l’inspiration et l’imprévisibilité de l’UBB ; de l’autre, la récitation millimétrée du Leinster, sa conquête solide et son jeu structuré. Harry Byrne (27 ans, 4 sélections), troisième meilleur réalisateur de la compétition, incarne cette approche : moins spectaculaire que Jalibert, mais tout aussi redoutable. « Depuis deux ans, ils ont ajouté une touche un peu sud-africaine dans leur intensité. On sait que la bataille sera terrible, notamment dans les collisions », prévient Yannick Bru, qui ne se laisse pas griser par les éloges.
Un doublé rarissime
Une deuxième étoile consécutive ouvrirait à l’UBB les portes d’un club très fermé. Seules cinq équipes ont réalisé pareille performance dans l’histoire de la Champions Cup : Leicester (2000-2001), le Leinster lui-même (2011-2012), Toulon (2013-2014-2015), les Saracens (2016-2017) et La Rochelle (2022-2023). Mieux, un succès bordelais offrirait à la France un sixième sacre européen de suite, portant son total à treize titres, soit trois de plus que l’Angleterre et six de plus que l’Irlande.
« La première étoile, c’était exceptionnel. Mais le back-to-back, c’est encore plus fort », résume Matthieu Jalibert. Pour Yannick Bru, ce premier trophée glané l’an dernier a « débloqué quelque chose » au sein du club. Reste à le confirmer sur la pelouse de San Mamés.