Un article récent examine la perception de la K-pop par les autorités nord-coréennes. Le titre de cette publication, « Culture antisocialiste » : quand la K-pop fait trembler Kim Jong-un, résume la position officielle de Pyongyang. Le régime a qualifié ce genre musical de « culture antisocialiste », le considérant comme une influence délétère sur la population. Kim Jong-un verrait dans la diffusion de ces chansons un défi à son idéologie et à son autorité.
La K-pop, genre musical originaire de Corée du Sud, a conquis une audience mondiale. En Corée du Nord, son écoute est interdite et sévèrement réprimée. Les autorités craignent que les rythmes entraînants et les images colorées de ces groupes ne séduisent les jeunes Nord-Coréens et ne les détournent du culte de la personnalité et de l'idéologie du Juche.
Cette répression s'inscrit dans une lutte plus large contre les influences extérieures. Le régime a déjà interdit les coupes de cheveux à la mode, les jeans, et les séries télévisées sud-coréennes. La K-pop, en particulier, est perçue comme un vecteur de valeurs capitalistes et individualistes, contraires aux principes du socialisme nord-coréen.
L'article suggère que cette inquiétude est croissante. La circulation de clés USB et de cartes mémoire contenant de la musique et des vidéos sud-coréennes est un phénomène difficile à endiguer pour les autorités. La frontière avec la Chine est perméable à ces flux numériques, et les repentis (personnes ayant fui la Corée du Nord) rapportent que la K-pop est écoutée en secret par de nombreux jeunes, malgré les risques de punition sévère, voire de peine de mort.
Kim Jong-un lui-même aurait reconnu, lors de discours devant le Parti, que les « mauvaises influences culturelles » constituent une menace pour la société. Bien que le nom de la K-pop ne soit pas toujours explicitement cité, les mesures répressives se sont intensifiées ces dernières années contre la possession de médias étrangers.
Cette guerre culturelle illustre les limites du contrôle étatique à l'ère numérique. Malgré l'isolement, la jeunesse nord-coréenne parvient à accéder à des contenus venus de l'étranger, et la K-pop, avec son esthétique soignée et ses mélodies entraînantes, est devenue un symbole de résistance silencieuse. Le régime, de son côté, durcit le ton, qualifiant désormais officiellement ce genre musical de « culture antisocialiste ».