Des professionnels de tous horizons confrontés au burn-out

La décision de la députée verte Carla Denyer de prendre un temps d’arrêt pour raisons de santé mentale a suscité une vive réaction dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian. Dans un courrier des lecteurs publié le 27 mai 2026, un intervenant salue l’article de Gaby Hinsliff qui, la veille, avait mis en lumière le phénomène du « burn-out britannique » et appelé à ne pas stigmatiser les responsables politiques touchés par l’épuisement professionnel.

La pression sur les chefs d’établissement scolaire

Pete Crockett, bénévole pour Headrest, une ligne d’écoute destinée aux chefs d’établissement scolaire, témoigne de la réalité décrite par Hinsliff. Il indique entendre « régulièrement la preuve des pressions qu’elle décrit ». Selon lui, de nombreux chefs d’établissement vivent une « blessure morale », notamment en ce qui concerne la prise en charge des élèves à besoins éducatifs spéciaux, où une demande croissante se heurte trop souvent à des financements insuffisants. D’autres sont épuisés par un système d’évaluation, dont celui de l’Ofsted (agence britannique d’inspection des écoles), dont il juge l’approche « à hauts enjeux » et le manque de considération pour les facteurs hors du contrôle des écoles « plus nuisibles que bénéfiques ».

Un appel à un financement adéquat du soutien

« Quand des chefs d’établissement consciencieux mais surchargés et leur personnel sont émotionnellement brisés et mentalement épuisés par les systèmes mêmes censés soutenir et améliorer les normes, quelque chose a mal tourné », écrit Pete Crockett. Il ajoute que son équipe entend les conséquences du burn-out dans d’innombrables appels et que Carla Denyer et Gaby Hinsliff ont raison de mettre ce sujet « sous les feux de l’actualité ». Il conclut que la stigmatisation du burn-out doit être combattue et que le soutien au bien-être doit être correctement financé. « Si ce n’est pas le cas, nous risquons de perdre prématurément des professionnels expérimentés et dévoués alors qu’avec le bon soutien, ils pourraient continuer à apporter leur expertise pendant de nombreuses années. »

Le burn-out, un enjeu de santé publique

Ce courrier illustre la prise de conscience croissante des effets du stress chronique sur les travailleurs, au-delà du seul monde politique. Il souligne la nécessité d’une approche systémique pour prévenir l’épuisement professionnel et d’un changement culturel visant à lever la honte qui lui est associée. Les lecteurs appellent à une reconnaissance institutionnelle du phénomène et à des moyens concrets pour y faire face.