Un livre testamentaire

Siri Hustvedt publie « Ghost Stories », un ouvrage qui réalise le dernier vœu de Paul Auster, décédé en 2024. L’écrivain américain avait exprimé le désir de revenir « sous les traits d’un fantôme » dans l’œuvre de sa compagne. Ce livre, présenté comme une ultime collaboration posthume, mêle fiction et autobiographie pour explorer la présence persistante d’un être cher après sa mort.

La genèse d’un projet intime

Selon des sources proches de l’auteure, Paul Auster aurait formulé cette demande quelques mois avant sa disparition. Il souhaitait que Siri Hustvedt écrive une histoire où il apparaîtrait comme une apparition, capable d’observer le monde des vivants sans y intervenir. « Ghost Stories » serait ainsi né de cette conversation intime, devenant un projet littéraire à la fois personnel et universel.

Un récit à la frontière des genres

Le livre, dont la parution est annoncée pour les semaines à venir, se présente comme un roman hybride. Il alterne entre le point de vue d’une narratrice qui ressemble à Hustvedt et celui d’un fantôme nommé « Paul ». Des extraits diffusés en avant-première montrent que le fantôme commente les scènes de la vie quotidienne, rappelant les jeux de miroir chers à Auster dans ses propres romans. L’ouvrage aborde également des thèmes comme le deuil, la mémoire et la création littéraire.

La réception critique

Les premiers lecteurs saluent la justesse avec laquelle Hustvedt parvient à mêler la voix de son époux à la sienne. Certains critiques évoquent un « dialogue spectral » qui prolonge l’œuvre d’Auster tout en affirmant la singularité de celle de Hustvedt. La question de l’authenticité est centrale : peut-on vraiment faire parler un mort ? Hustvedt assume ce risque et le transforme en matière romanesque.

Un témoignage sur le deuil

Au-delà de l’hommage littéraire, « Ghost Stories » est aussi un récit intime sur la perte. Siri Hustvedt y décrit les mois qui ont suivi la mort de Paul Auster, mêlant souvenirs personnels et réflexions philosophiques. Le fantôme devient une métaphore de la persistance de l’amour et de l’absence. Des passages du livre ont été lus lors d’un hommage public à Auster, suscitant l’émotion de l’assistance.

L’héritage d’un écrivain

Paul Auster, disparu en 2024, laisse derrière lui une œuvre considérable, marquée par les thèmes du hasard, de l’identité et de la narration. « Ghost Stories » s’inscrit dans cette continuité tout en offrant une conclusion poignante à sa vie. Pour Hustvedt, ce livre est une manière de boucler la boucle : « Il voulait être un fantôme dans mes pages ; je lui ai offert cette existence-là. »