Alors que les organisateurs des Enhanced Games promettaient des records du monde et se comparaient au « Super Bowl de l'athlétisme, de la natation et de l'haltérophilie », la réalité s'est révélée bien plus modeste. Présent à Las Vegas pour assister à cette première édition, un journaliste a constaté un fossé abyssal entre les annonces et les performances.

Une compétition loin des standards olympiques

Le moment le plus emblématique de ce fiasco est survenu juste avant la finale du 100 mètres féminin. Alors qu'une seule athlète engagée avait déjà franchi la barrière des 11 secondes, le speaker a suggéré que le record du monde de Florence Griffith Joyner (10,49 secondes) pourrait être menacé. « Allons-nous assister à l'histoire ? Espérons-le », a-t-il lancé. Il n'en a rien été. La sprinteuse Tristan Evelyn, qui concourait sans substance dopante, s'est imposée en 11,26 secondes, un temps qui l'aurait à peine qualifiée pour les séries des Jeux olympiques de 2024.

L'événement n'a enregistré qu'un seul record battu, et trois athlètes « clean » ont remporté leur épreuve, contredisant l'idée que le dopage libre garantirait des performances exceptionnelles.

Des promoteurs fortunés mais peu attachés au sport

Le journaliste a eu l'occasion d'échanger avec le fondateur des Enhanced Games. Son constat est sans appel : si les promoteurs de l'événement sont riches et intelligents, ils ne donnent pas l'impression d'être profondément attachés au sport. Cette absence de passion authentique pour la compétition et les valeurs sportives pourrait expliquer en partie l'échec de la manifestation.

« J'ai dit à son fondateur que les Jeux Enhanced auront échoué d'ici 2031 », rapporte le journaliste. Cette prédiction s'appuie sur les failles structurelles de l'événement : un écart irréaliste entre les promesses marketing et les résultats, un manque de crédibilité sportive, et une absence de base d'athlètes de haut niveau.

Un concept controversé

Les Enhanced Games se présentent comme une alternative aux compétitions traditionnelles, où l'usage de substances améliorant la performance est autorisé. Leur première édition à Las Vegas visait à attirer les regards et les investisseurs. Mais les faibles performances enregistrées et le manque d'enthousiasme du public pourraient compromettre l'avenir du projet.

Plusieurs observateurs du sport de haut niveau ont contacté le journaliste pour s'enquérir de la réalité de l'événement, mais la plupart souhaitaient surtout en constater l'échec. « Certains voulaient savoir à quoi cela ressemblait vraiment, mais la plupart voulaient danser sur sa tombe », écrit-il.

Une leçon pour l'avenir

L'édition 2026 des Enhanced Games pourrait bien être la première et la dernière si les tendances actuelles se confirment. Les organisateurs avaient promis des records du monde, mais n'ont pas tenu leurs engagements. La prochaine édition, prévue pour l'année prochaine, prévoit d'inviter des influenceurs fitness aux côtés d'athlètes d'élite, une stratégie qui semble plus proche du divertissement que du sport de haut niveau.

Le journaliste conclut que l'orgueil des promoteurs s'est heurté à la réalité du terrain. Dans le sport, les paroles ne remplacent pas les performances. Et sans athlètes de calibre mondial, les Enhanced Games risquent de disparaître avant 2031.