L'action Ferrari a enregistré une baisse significative à la Bourse de Milan après que le groupe a dévoilé, le 17 juin 2025, sa toute première voiture électrique. Le constructeur de Maranello, connu pour ses moteurs V12 et son héritage dans la compétition automobile, franchit ainsi une étape majeure dans l'électrification de sa gamme, mais les investisseurs ont accueilli cette annonce avec prudence, faisant chuter le titre de plus de 5 % en séance.
Un pari historique pour Ferrari Le modèle présenté, dont le nom n'a pas été officiellement communiqué lors du lancement, marque une rupture avec plus de sept décennies de motorisations thermiques. La marque au cheval cabré a confirmé que cette voiture électrique sera produite dans son usine historique de Maranello, en Émilie-Romagne. Le PDG, Benedetto Vigna, a souligné que le véhicule « conserve l'âme et les performances attendues d'une Ferrari », sans toutefois dévoiler l'autonomie exacte ni la puissance du moteur. Les premières livraisons sont espérées pour le début de l'année 2026.
Réaction des marchés et interrogations La chute du cours de l'action, qui avait pourtant progressé de près de 30 % sur les douze derniers mois, révèle les doutes des analystes quant à la capacité de Ferrari à transposer son ADN sportif et exclusif dans l'univers électrique. Certains investisseurs redoutent que le positionnement haut de gamme (le prix de vente est estimé autour de 500 000 euros) ne trouve pas son public dans un segment où la concurrence, de Tesla à Porsche, s'intensifie. D'autres s'interrogent sur l'impact de la transition électrique sur la marge bénéficiaire de la marque, l'une des plus élevées de l'industrie automobile.
Stratégie d'électrification progressive Ferrari prévoit que les véhicules électriques et hybrides représenteront 80 % de ses ventes d'ici 2030. Le groupe a investi massivement dans une nouvelle ligne d'assemblage et un centre de développement dédié aux batteries à Maranello. L'entreprise mise sur l'électrification pour respecter les normes environnementales européennes tout en conservant son exclusivité. Le carnet de commandes reste par ailleurs très solide pour les modèles thermiques et hybrides actuels.
Enjeux d'image et de technologie Pour les puristes, l'arrivée d'une Ferrari électrique représente un défi symbolique. Le constructeur assure avoir développé un système d'échappement numérique capable de reproduire un son proche de celui des moteurs V8 et V12, afin de ne pas trahir son identité sonore. La batterie, conçue en interne, promet des temps de recharge rapides et une densité énergétique élevée. Les essais presse sont prévus pour l'automne 2025.
Conséquences pour l'industrie L'annonce de Ferrari confirme l'accélération de la transition électrique dans le segment du luxe automobile. Lamborghini et Aston Martin préparent également leurs futurs modèles zéro émission. La réaction boursière contrastée de Ferrari montre cependant que le marché reste divisé sur la rentabilité à court terme de ces investissements colossaux.