La France va injecter 1,5 milliard d’euros supplémentaires dans les filières du quantique et des semi-conducteurs, a annoncé l’exécutif. Cette somme, qui s’ajoute aux crédits déjà alloués dans le cadre du plan France 2030, vise à rattraper le retard européen face aux géants américains et asiatiques et à renforcer la souveraineté technologique du pays.

Un effort budgétaire inédit Ce nouveau financement porte l’engagement total de l’État dans ces deux secteurs à plusieurs milliards d’euros. Le gouvernement justifie cette décision par la nécessité de ne pas laisser la France à la traîne dans des domaines jugés stratégiques pour l’économie et la défense. Les semi-conducteurs sont au cœur de toutes les chaînes de valeur (automobile, smartphones, intelligence artificielle), tandis que le quantique promet des ruptures majeures en calcul, cryptographie et simulation.

Des objectifs précis La majeure partie de l’enveloppe sera consacrée à la construction de nouvelles lignes de production de puces sur le sol français, notamment via le projet de « méga-fab » porté par STMicroelectronics et GlobalFoundries à Crolles (Isère). Le reste financera des programmes de recherche en informatique quantique, avec la création de laboratoires mixtes publics-privés et le recrutement de centaines de chercheurs.

Un contexte de guerre technologique Cette annonce intervient alors que les États-Unis et la Chine multiplient les investissements dans les semi-conducteurs. L’Union européenne a déjà lancé le « European Chips Act » pour tenter de doubler sa part de marché mondial d’ici 2030. La France, qui abrite déjà le leader européen STMicroelectronics, espère devenir un pôle d’excellence sur le Vieux Continent.

Des critiques sur le pilotage Certains élus et industriels regrettent que l’argent public ne soit pas conditionné à des garanties de production en France et à des clauses de retour sur investissement. Des voix s’élèvent aussi pour demander un meilleur fléchage des crédits vers les PME innovantes, plutôt que vers les seuls grands groupes.