Le développeur principal de ripgrep, connu sous le pseudonyme BurntSushi, a publié un fichier AI_POLICY.md dans le dépôt GitHub officiel du projet. Ce document, ajouté récemment, établit les conditions d'utilisation du code source et de la documentation de l'outil de recherche de texte en ligne de commande.

La politique précise que toute utilisation de l'œuvre — incluant le code, la documentation, les fichiers associés et tout autre élément du dépôt — pour l'entraînement de modèles d'IA générative est interdite sans autorisation explicite et écrite de l'auteur. Elle s'applique aussi aux ensembles de données dérivés, aux données d'entraînement, aux jeux de test, aux poids de modèles, ainsi qu'à toute forme d'incorporation dans un système d'IA.

Un précédent dans l'écosystème open source

Cette décision s'inscrit dans une tendance plus large. Plusieurs développeurs et projets open source ont récemment adopté des politiques similaires pour restreindre l'exploitation de leur travail par les modèles d'IA. Le geste d'Andrew Gallant reflète une préoccupation croissante au sein de la communauté du logiciel libre quant à l'utilisation non consentie du code comme matériel d'entraînement.

Des conditions claires et restrictives

Le document précise que les utilisateurs ne peuvent pas utiliser ripgrep lui-même, ni son code, pour extraire des données d'entraînement pour des modèles d'IA. Il ne s'agit pas d'une restriction sur l'utilisation de ripgrep en tant qu'outil par un humain, mais bien sur son usage comme source de données pour l'apprentissage automatique. La politique insiste sur le fait que toute violation constituerait une infraction aux conditions d'utilisation du projet.

Réactions et implications

L'annonce a été discutée sur la plateforme Hacker News, où le point a été soulevé par la communauté tech. Certains observateurs voient dans cette initiative un moyen de protéger le travail des développeurs contre une exploitation non rémunérée ou non créditée. D'autres y voient un défi pour les projets open source qui souhaitent à la fois rester libres et empêcher certaines utilisations.

Andrew Gallant n'a pour l'instant pas fait de déclaration publique supplémentaire en dehors de la publication du fichier. Le projet ripgrep reste sous licence MIT, mais la politique d'IA vient ajouter une couche de restrictions qui ne figure pas dans la licence elle-même. Cette approche pourrait inspirer d'autres mainteneurs de projets populaires.