Le fonds officiel destiné à la reconstruction de Gaza, lancé par le Board of Peace de Donald Trump, est toujours vide malgré les annonces de contributions s'élevant à plusieurs milliards de dollars, a indiqué une source proche du conseil. Créé en janvier 2026 à l'occasion du Forum économique mondial de Davos, ce fonds est administré par la Banque mondiale et a reçu l'aval des Nations unies. Pourtant, aucun donateur n'a encore versé la moindre somme, précise cette source.

Un fonds conçu pour une phase qui n'a pas commencé

Selon cette même source, l'absence de dépôt s'explique par la nature du fonds : il a été conçu pour financer la phase de reconstruction et de développement, qui n'a pas encore été atteinte. Sur le terrain, Israël contrôle toujours plus de 60 % de la bande de Gaza, y compris tous les points d'entrée et de sortie du territoire, tandis que la population palestinienne est concentrée sur la côte. L'armée israélienne poursuit ses opérations malgré le cessez-le-feu conclu en octobre sous l'égide des États-Unis, et au moins 910 personnes ont été tuées depuis la signature de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza.

Mercredi, des informations ont fait état de dons versés directement sur un compte JPMorgan au nom du Board of Peace, sans préciser les montants. Aucune exigence indépendante de transparence n'entoure ce compte, ont souligné ces mêmes informations.

Des promesses sans suite

Donald Trump avait annoncé que les États-Unis contribueraient à hauteur de 10 milliards de dollars, tandis que le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis se sont chacun engagés à verser au moins un milliard de dollars. Selon la charte du Board of Peace, les membres permanents doivent s'acquitter d'une contribution d'un milliard de dollars. Mais aucune de ces promesses n'a été concrétisée dans le fonds officiel.

La composition du conseil, dominée par des alliés de longue date de Washington au Moyen-Orient, des alliés idéologiques de Trump et de petits pays désireux de s'attirer les faveurs du président américain, a suscité des réserves. Plusieurs grandes nations européennes, dont la France et le Royaume-Uni, ont refusé d'y siéger. Donald Trump avait d'ailleurs menacé la France d'une taxe de 200 % sur ses vins en raison du refus d'Emmanuel Macron de rejoindre l'initiative.

Un besoin colossal évalué à plus de 71 milliards de dollars

Une évaluation conjointe de l'Union européenne et des Nations unies, publiée en avril, estime que plus de 71 milliards de dollars seront nécessaires au cours de la prochaine décennie pour reconstruire la bande de Gaza, où l'ONU qualifie la situation humanitaire de « critique ». L'absence totale de fonds dans le mécanisme officiel du Board of Peace contraste avec l'ampleur des besoins sur le terrain.

Le Board of Peace lui-même est dirigé sans ambiguïté par les États-Unis et personnellement par Donald Trump, qui détient le dernier mot et peut conserver la présidence du conseil au-delà de son mandat présidentiel. Le président avait lancé cette initiative en janvier, lors du Forum de Davos, en invitant des personnalités comme Vladimir Poutine, ce qui avait suscité l'étonnement dans les cercles diplomatiques.