Le Ch’ni Info, média indépendant bisontin, dénonce ce qu’il qualifie de « blacklistage » de la part des Écologistes. Selon la rédaction, l’exclusion de l’un de ses journalistes du groupe WhatsApp « presse locale / élus écolos » constitue une mesure de rétorsion après la publication, le 22 mai dernier, d’une enquête sur une affaire de violences sexistes et sexuelles (VSS).

Une enquête qui relance une affaire classée

L’article incriminé portait sur un homme figurant sur la liste des municipales menée par Anne Vignot, ancienne maire écologiste de Besançon. Cet homme avait été accusé de graves violences physiques et sexuelles par son ex-compagne, alors qu’ils militaient tous deux chez les Jeunes écologistes. Comme l’avait précédemment rapporté le média Reporterre, cette affaire avait donné lieu à un classement sans suite réclamé par le procureur de la République.

La rédaction du Ch’ni Info justifie son choix d’enquêter en estimant que l’absence de condamnation judiciaire ne devait pas empêcher un examen approfondi par la presse. « Il n’a pas été condamné et ne le sera sans doute pas, mais c’est aussi notre devoir que d’aller un peu plus loin que le seul verdict des tribunaux », explique une source interne au journal.

Exclusion du groupe WhatsApp

Quatre jours après la mise en ligne de l’enquête, le journaliste auteur de l’article a été exclu du groupe de discussion réservé à la presse locale et aux élus écologistes. Dans un article publié sur son site le 26 mai, le Ch’ni Info a dénoncé ce qu’il perçoit comme un « coup de pression ». La rédaction y déclare : « Que vous ne soyez potentiellement pas satisfait-e-s de notre traitement, c’est une chose. Mais, opérer des mesures de rétorsion, de représailles et d’intimidations, à l’égard d’un média dont le seul tort est de vous avoir déplu, constitue une aberration et, il faut le dire, un dérapage décevant, de la part d’une organisation qui se prétend attachée à la liberté de la presse. »

Un incident qui interroge sur les relations presse-politique

Cet épisode soulève la question de l’indépendance éditoriale face aux partis politiques. Le Ch’ni Info, média à but non lucratif, insiste sur son rôle de contre-pouvoir local. Les Écologistes n’ont pas commenté publiquement cette exclusion à ce stade.