La tension diplomatique et militaire autour de Kiev s'accroît. Moscou a appelé, ce mardi, les étrangers et les diplomates présents dans la capitale ukrainienne à quitter la ville « dès que possible », évoquant de prochaines frappes russes contre des « centres de décision » et des « entreprises du complexe militaro-industriel ». Le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'est entretenu avec son homologue russe Sergueï Lavrov dans ce contexte tendu.
L'avertissement russe
Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué que les futures attaques viseraient des cibles stratégiques à Kiev. « Nous avertissons les ressortissants étrangers, y compris le personnel des missions diplomatiques et des représentations d'organisations internationales, de la nécessité de quitter la ville dès que possible, et les habitants de la capitale ukrainienne de ne pas s'approcher des infrastructures militaires et administratives », a-t-il déclaré. Aucun délai précis n'a été donné pour ces bombardements. Cet avertissement fait suite à des frappes russes particulièrement massives sur l'Ukraine durant le week-end, qui ont touché Kiev et fait au moins quatre morts et une centaine de blessés.
Sergueï Lavrov a également exhorté les États-Unis à évacuer leur ambassade à Kiev lors de son appel avec Marco Rubio. Le chef de la diplomatie russe « a attiré son attention » sur la recommandation de son ministère, selon le communiqué diffusé à l'issue de l'entretien.
La réponse française et ukrainienne
La France a immédiatement rejeté cette mise en garde. Interrogé par des journalistes, le ministère français des Affaires étrangères a affirmé : « On a l'habitude des menaces de Poutine. Hors de question d'évacuer » nos diplomates. De son côté, Kiev a appelé à « ne pas céder au chantage russe ».
Le missile Orechnik de nouveau utilisé
Sur le plan militaire, la Russie a employé son missile balistique de dernière génération, l'Orechnik, pour la troisième fois depuis le début du conflit. Cette arme, qui suscite l'inquiétude des Occidentaux, est présentée par Moscou comme difficile à intercepter. Son usage répété semble viser à dissuader les soutiens de l'Ukraine.
Les États-Unis se disent prêts à une médiation
À la suite de ses échanges avec Sergueï Lavrov, Marco Rubio a déclaré que les États-Unis étaient disposés à jouer un rôle de médiateur entre la Russie et l'Ukraine. Aucun détail sur les modalités de cette médiation n'a été fourni. Cet appel téléphonique intervient alors que les frappes se multiplient et que le langage belliqueux s'intensifie des deux côtés.
Alors que la communauté internationale observe avec attention les développements, la situation humanitaire à Kiev reste précaire. Les autorités ukrainiennes renforcent les mesures de protection civile, tandis que les chancelleries étrangères doivent décider de la conduite à tenir face à la menace russe. Pour l'heure, la plupart des ambassades occidentales maintiennent leur présence sur place.