Le débat sur l'entretien et la mise en valeur du patrimoine religieux français connaît un nouvel épisode. Nicolas Matyjasik, directeur de l'association Suivez la flèche, qui pilote la reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique de Saint-Denis, a répondu à une tribune publiée dans les colonnes du Figaro. La journaliste Christine Clerc y avait critiqué la gestion et l'entretien de cet édifice emblématique de la Seine-Saint-Denis.
Dans sa réponse, Nicolas Matyjasik appelle à ne pas faire du patrimoine « un objet de querelles identitaires ». Pour lui, ces monuments ne sauraient être accaparés par un bord politique ou une seule communauté. « Le patrimoine est un bien commun, il appartient à tous les citoyens, au-delà de leurs origines ou de leurs croyances », insiste-t-il. Il défend une approche inclusive, où la sauvegarde des édifices, qu'ils soient religieux ou civils, doit rassembler plutôt que diviser.
Le directeur de Suivez la flèche rappelle le travail colossal accompli pour la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France située dans un quartier populaire et multiculturel. « Restaurer ce lieu, ce n'est pas faire œuvre de nostalgie monarchiste, c'est préserver un témoignage exceptionnel de l'histoire de France et de ses arts », écrit-il. Il rejette l'idée que l'intérêt pour ce patrimoine serait le monopole d'une certaine droite identitaire, et souligne l'engagement de bénévoles de tous horizons dans le projet de reconstruction.
La tribune de Nicolas Matyjasik intervient dans un contexte où la question patrimoniale est régulièrement utilisée dans les débats publics, parfois pour marquer des appartenances politiques ou religieuses. Son appel à « dépassionner » le sujet et à en revenir à l'essentiel — la transmission aux générations futures — se veut un message de concorde. « On peut être attaché à la laïcité et aimer les cathédrales, on peut être croyant ou athée et trouver du sens dans la restauration d'un lieu chargé d'histoire », ajoute-t-il.
Cette prise de position reflète une sensibilité partagée par de nombreux acteurs du patrimoine en France, qui cherchent à sortir des logiques de clivage. Elle intervient alors que plusieurs projets de restauration, de Notre-Dame de Paris à la basilique de Saint-Denis, suscitent un large engouement populaire et des financements importants, signe que ces monuments restent des vecteurs d'unité.