Une poésie de l’ordinaire et de la mémoire ouvrière

Fanny Chiarello, romancière et poétesse française, publie aux éditions Le Castor astral un recueil intitulé Paysages pauvres. L’ouvrage rassemble des notes et des photographies prises depuis une dizaine d’années sur les lieux qu’elle arpente chaque jour. Loin des paysages spectaculaires, elle s’attache aux « paysages pauvres » — friches industrielles, terrils, zones périurbaines —, qu’elle considère comme un marqueur de la mémoire ouvrière menacée d’effacement.

Cette démarche s’inscrit dans une tradition de poésie objectiviste, attentive aux détails du réel, et dans une volonté de résistance à l’effacement des traces du travail et de l’histoire sociale. Fanny Chiarello se définit elle-même comme une écrivaine « anticapitaliste », attachée à donner une voix et une dignité à des espaces souvent négligés.

Une autobiographie géographique

L’auteure avait déjà exploré sa géographie intime dans des ouvrages antérieurs comme La Geste permanente de Gentil-Cœur ou Le Sel de tes yeux, deux livres jumeaux qui mêlaient chanson de geste et roman pour raconter une rencontre avec une jeune joggeuse. Avec Paysages pauvres, elle pousse plus loin cette approche en faisant du paysage un support de l’écriture autobiographique.

Les textes brefs et les images qui composent le recueil fonctionnent comme des fragments d’un journal de bord. Ils captent l’évolution des lieux, les saisons, les lumières, mais aussi les transformations liées à l’abandon ou à la reconversion industrielle. L’ensemble constitue une « cartographie intime » où la subjectivité de l’auteure se mêle à une volonté documentaire.

Une publication chez Le Castor astral

Paysages pauvres paraît dans la collection de poésie du Castor astral, une maison d’édition reconnue pour son engagement en faveur d’une littérature exigeante et ancrée dans les réalités contemporaines. Le recueil est disponible en librairie depuis la fin du mois de mai 2026.

L’auteure

Fanny Chiarello est l’auteure de plusieurs romans et recueils de poésie. Elle vit et travaille dans une région marquée par l’industrie minière et métallurgique, ce qui imprègne fortement son œuvre. Son travail interroge les liens entre le paysage, la mémoire et le politique, sans jamais céder au lyrisme convenu.