À peine officialisée, la candidature de Gabriel Attal à l’élection présidentielle suscite des réactions tranchées dans le paysage politique français. Le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, a estimé samedi 23 mai que le député et ancien Premier ministre ne mènerait pas sa campagne jusqu’au bout, pronostiquant son effacement au profit d’Édouard Philippe avant le premier tour.

« Il est candidat jusqu’à l’automne, après il s’effacera pour Édouard Philippe. Vous savez, au mois de mai, c’est Gabriel Attal. Au mois de septembre, octobre, ce sera Édouard Philippe », a affirmé Sébastien Chenu lors d’une intervention sur France 2, cité par plusieurs médias. Pour le député du Nord, les deux héritiers politiques d’Emmanuel Macron seraient « les deux faces d’une même pièce », sous-entendant une stratégie concertée de la majorité sortante.

« Un très mauvais Premier ministre »

Le vice-président du RN a par ailleurs dressé un bilan accablant de l’ancien chef du gouvernement, le qualifiant de « très mauvais Premier ministre » et de « champion de la hausse du déficit ». Selon lui, le bilan de Gabriel Attal constitue un « boulet » pour sa candidature. « Les Français n’en peuvent plus de cette bande de macronistes qu’ils ont hâte de voir partir », a-t-il tranché.

Gabriel Attal a officiellement annoncé vendredi 22 mai être candidat à l’élection présidentielle de 2027, installant une compétition interne au sein de la mouvance macroniste avec le président d’Horizons Édouard Philippe. La perspective d’un ralliement du mieux placé des deux au début de l’année 2027, face au risque de l’accession à l’Élysée du Rassemblement national – en tête des sondages –, est régulièrement évoquée dans les cercles politiques.

Une stratégie « jusqu’à l’automne »

La prédiction de Sébastien Chenu intervient dans un contexte où la droite et le centre droit s’interrogent sur la capacité de l’ancien Premier ministre à s’imposer durablement face au maire du Havre, dont la candidature est également attendue. Les déclarations du vice-président du RN visent à minimiser l’offensive d’Attal et à souligner ce qu’il présente comme une fragilité stratégique.

L’intéressé n’a pas réagi dans l’immédiat à ces propos. La campagne officielle pour la présidentielle n’est pas encore ouverte, mais les positionnements se multiplient dans les rangs de la majorité sortante et de l’opposition.