Une enfance en fuite
Bien avant d’enchaîner les tubes et de s’imposer sur la scène rap britannique, Isaiah Sampson, aujourd’hui connu sous le nom de Pozer, a grandi dans une perpétuelle urgence. L’un de ses plus anciens souvenirs remonte à ses six ans : lui et sa mère rentraient des courses lorsque le propriétaire les a repérés. « Il a cogné à la porte, ma mère faisait comme si on n’était pas là, on a filé, on est allés au magasin. En revenant, il nous a vus, alors on s’est mis à courir, on a sauté un grillage et on s’est retrouvés dans les jardins communs d’une cité », raconte-t-il.
Ce quotidien de cache-cave avec les créanciers, la police et les figures d’autorité a façonné son enfance dans le sud de Londres. Élevé principalement par sa mère célibataire, il passait parfois chez son père, quand celui-ci n’était pas en prison ou en cavale. « Je ne connais pas une vie qui ne ressemble pas à celle dont je parle », confie le rappeur de 23 ans.
Plongée dans la délinquance
Adolescent, Pozer s’est retrouvé happé par le trafic de stupéfiants. « Je fumais de l’herbe avec quelques filles, et je leur disais… », glisse-t-il, sans achever sa phrase, suggérant les risques qu’il prenait. La drogue et la violence étaient omniprésentes dans son environnement. Son parcours, entre arrestations et cavales, l’a marqué durablement. Aujourd’hui encore, il admet avoir des problèmes de confiance, séquelles d’une jeunesse où il fallait toujours se méfier.
Une renaissance sous le signe du stoïcisme
Mais Pozer a opéré un virage radical. « J’ai changé de nom pour devenir un stoïcien. C’est mon truc maintenant ! » lance-t-il, résumant sa nouvelle philosophie. Le stoïcisme l’aide à gérer ses traumatismes psychologiques et à canaliser son énergie. Cette discipline intérieure transparaît dans ses textes, où il mêle récits de rue et aspirations à une vie meilleure.
Son flow rapide et incisif lui a valu une place dans les classements musicaux. Son nouveau projet, un EP intitulé “Crossroads”, illustre cette dualité : entre les ombres du passé et la lumière d’un avenir qu’il veut construire. « Je ne connais pas une vie qui ne soit pas comme celle dont je parle », répète-t-il, revendiquant une authenticité sans compromis.
Un avenir à écrire
À 23 ans, Pozer incarne la complexité des trajectoires dans le rap britannique, où le succès ne fait pas oublier les blessures. Sa mue personnelle, du gamin fuyant les huissiers au rappeur stoïque, pourrait inspirer une génération. Pour l’instant, il se concentre sur sa musique, déterminé à ne plus jamais être celui qui fuit.