Pressure, long-métrage consacré aux préparatifs du Débarquement de Normandie en juin 1944, peine à convaincre. Porté par Andrew Scott dans le rôle du météorologue James Stagg et Brendan Fraser en Dwight Eisenhower, le film se déroule dans les avant-postes du commandement allié, où les généraux attendent fébrilement la décision de lancer l’opération. Mais le véritable protagoniste du récit est la météo : une dépression menace de repousser l’invasion, et Stagg s’oppose aux prévisions optimistes de l’Américain Irving Krick (Chris Messina).
La critique souligne que cette histoire, pourtant réelle et cruciale, donne lieu à un film « trop lourd et répétitif », qui peine à maintenir l’intérêt au-delà d’un téléfilm moyen de fin de soirée. Si le pitch promettait un suspense météorologique haletant, la réalisation s’enlise dans des dialogues académiques et des allers-retours entre cartes et rapports.
Andrew Scott livre une interprétation froide et rigide de James Stagg, en adéquation avec le personnage, mais qui ne suffit pas à dynamiser une intrigue statique. Brendan Fraser incarne un Eisenhower plus humain, soucieux du temps qu’il fait, mais son rôle se limite souvent à des apartés nerveux devant des fenêtres pluvieuses. Les deux acteurs, malgré leur talent, ne parviennent pas à transcender un scénario qui tourne en rond.
Le film semble viser un public de passionnés d’histoire et de météo, mais même ceux-ci risquent de trouver le compte à rebours soporifique. La mise en scène, classique mais sans éclat, accumule les scènes de réunion sans jamais créer la tension nécessaire. La partition musicale, elle-même, ne relève pas l’ensemble.
Au final, Pressure est une occasion manquée. La matière historique – les heures décisives où Eisenhower devait choisir le jour J – méritait un traitement plus nerveux et captivant. Le film reste un documentaire romancé qui ne décolle jamais, sauvé uniquement par la prestation de son duo vedette, mais pas assez pour en faire un grand film de guerre.