Un phénomène en pleine expansion

Les rixes entre jeunes femmes prennent une ampleur inédite en France. Selon des données officielles, 38 900 mineurs ont été mis en cause en 2025 pour des violences physiques, dont environ 6 500 sont des filles. Parmi elles, 13 % sont âgées de 13 à 14 ans. Ces chiffres, qui témoignent d'une forte progression des violences juvéniles féminines, inquiètent les autorités et les observateurs.

Des agressions d'une violence extrême

Plusieurs faits récents illustrent la gravité du phénomène. Le 20 mai 2026, dans les Yvelines, une adolescente de 15 ans a reçu un coup de tournevis au thorax. Sa présumée agresseuse est âgée de 14 ans. En mars 2026, dans l'Ain, une mineure de 13 ans a été frappée à coups de bâton avant d'être forcée à se jeter d'un pont. Les agresseuses étaient, là aussi, des jeunes filles. Ces épisodes montrent que les violences ne se limitent plus aux garçons et que l'usage d'armes blanches ou d'objets contondants se banalise.

Les réseaux sociaux, vecteur de mimétisme

Les scènes de rixes sont fréquemment filmées et diffusées sur les réseaux sociaux. Un policier interrogé sur ce sujet a expliqué que les jeunes sont « gavés avec des images extrêmement violentes » et reproduisent ces actes par mimétisme. « Je me suis disputé avec telle ou telle personne, et bien je vais aussi me faire respecter et pour cela, je vais employer la force », a-t-il ajouté, décrivant un processus de banalisation de la violence.

Axel Ronde, président de la CFTC Police, a souligné que les jeunes filles « n'hésitent plus à utiliser des couteaux, des armes ». Il a ajouté que les forces de l'ordre doivent désormais « contrôler également les femmes », car « pas mal de bandes de jeunes filles agressent », ce qui constitue « une nouveauté ».

Des causes multiples

Les experts pointent plusieurs facteurs : la diffusion massive d'images violentes sur les écrans, une forme de rivalité exacerbée par les réseaux sociaux, et parfois un sentiment d'impunité. Le phénomène touche toutes les régions, des zones urbaines aux zones périurbaines. Des rixes ont été signalées dans les Yvelines, dans l'Ain, mais aussi en région parisienne et dans d'autres départements.

Une réponse des autorités attendue

Face à cette flambée, les syndicats de police et les associations appellent à une prise de conscience et à des mesures de prévention renforcées, tant dans les établissements scolaires que sur le terrain. Le gouvernement n'a pas encore annoncé de plan spécifique, mais la question devrait être abordée dans le cadre des discussions sur la sécurité des jeunes et la lutte contre les violences juvéniles.

Conclusion

Le nombre de 6 500 mineures mises en cause pour violences physiques en 2025 marque un tournant dans la délinquance juvénile. Avec des agressions de plus en plus brutales et impliquant de très jeunes adolescentes, ce phénomène interroge sur l'évolution des rapports sociaux et sur l'impact des réseaux sociaux. Les semaines à venir pourraient voir des annonces en matière de prévention et de répression.