Dans un texte remarqué, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair estime que le Parti travailliste est actuellement en proie à « l’autosuggestion » et se présente comme l’unique personne en mesure de produire une telle critique. L’essai, dont une version digérée a été publiée par la presse, marque un retour sur le devant de la scène politique d’une figure qui ne cache pas son ambition de redevenir un guide pour ses anciens camarades.

Un retour annoncé comme salvateur

« Ne vous inquiétez plus, je suis de retour », annonce-t-il d’emblée, se posant en sauveur d’une formation politique qu’il juge perdue sans lui. Tony Blair, qui a dirigé le parti pendant treize ans et remporté trois élections générales, rappelle ce palmarès comme un argument d’autorité : « Aucun autre homme politique travailliste n’a fait cela. Et si je joue bien mes cartes, aucun autre n’y parviendra jamais. »

Critique de l’autosuggestion travailliste

L’ancien locataire du 10 Downing Street estime que le Labour est « en proie à l’autosuggestion ». Selon lui, cette situation justifie qu’il s’érige en censeur : « Cela fait de moi la personne parfaite pour la critiquer. Parce que personne n’est plus qualifié pour savoir que l’autosuggestion, c’est se croire constructif quand son vrai but est de débrancher le respirateur. » Cette phrase, citée dans la version digérée, illustre le ton acéré de l’essai.

Un ton oscillant entre autodérision et autosatisfaction

Le texte, présenté comme une critique de la gauche britannique, ménage cependant une large place à l’autoportrait de son auteur. Tony Blair se décrit comme « le meilleur Premier ministre que le pays ait jamais eu », doté du « sourire figé, du crâne en diamant et du regard vide ». Il se présente comme « la divinité qui comprend tout sauf elle-même » et affirme ne ressentir « aucune amertume » envers ceux qui se sont détournés de lui, évoquant le sort « si souvent réservé à plus d’un Messie ».

Un essai qui relance le débat sur la place de Blair

Cette publication, dont la forme originale est un long essai, ravive les discussions sur l’héritage de Tony Blair au sein du Parti travailliste. En se présentant comme le seul capable de sauver le parti de ses illusions, l’ancien Premier ministre affirme une ambition politique intacte, malgré les controverses qui ont marqué son passage au pouvoir, notamment la guerre en Irak. Le texte digéré, qui reprend les principales saillies de l’original, donne le ton d’une intervention qui se veut à la fois une leçon et un manifeste personnel.