Plusieurs centaines d’étudiants et de syndicalistes ont manifesté le mardi 26 mai dans plusieurs villes de France, à l’appel d’une large intersyndicale, pour protester contre le durcissement des conditions d’accès et de séjour des étudiants étrangers extracommunautaires. À Paris, le cortège a réuni entre 200 et 300 personnes, selon les organisateurs. Les manifestants dénoncent une politique qu’ils qualifient de « raciste et xénophobe », à quelques semaines de la rentrée universitaire.

Frais différenciés et restriction des aides

Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs ont engagé une réforme des frais d’inscription pour les étudiants non européens. Dès la prochaine rentrée, la grande majorité d’entre eux devront s’acquitter de 3 000 euros par an pour une licence et de 4 000 euros pour un master, contre environ 170 euros pour les étudiants français et européens. À cette hausse s’ajoute la menace d’une suppression des aides personnalisées au logement (APL) pour une grande partie de ces étudiants, une mesure qui pourrait affecter les budgets les plus serrés. Pour les manifestants, il s’agit d’un « coup de grâce » qui rendra les études en France inaccessibles pour de nombreux jeunes issus de pays extérieurs à l’Union européenne.

Des étudiants inquiets mais peu organisés

Dans les rangs du cortège parisien, les étudiants étrangers eux-mêmes étaient peu nombreux, mais leur inquiétude a été relayée par les organisations syndicales. Léonore Deleuze, doctorante à l’université Paris-I et membre de la CGT, a expliqué : « Ils n’ont pas vraiment d’organisation propre, mais ils sont inquiets et ils nous le disent. » Cette absence de structure autonome contraste avec l’ampleur des mesures qui les ciblent directement.

Une mobilisation intersyndicale

L’appel à manifester a été lancé par une intersyndicale regroupant la CGT, la FSU, Solidaires, l’Union étudiante et l’Unsa. Ces organisations dénoncent une politique qui, selon elles, vise à décourager l’accueil des étudiants internationaux, pourtant source de diversité et de dynamisme pour les universités françaises. Les syndicats estiment que la hausse des frais et la possible suppression des APL constituent une forme de pression dissuasive, voire un message implicite invitant les étudiants étrangers à « rentrer chez eux », comme le résume le slogan repris lors des manifestations.

Contexte et réactions

Si le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité de mieux maîtriser l’immigration étudiante et de renforcer l’attractivité des formations, les opposants y voient une entrave à l’égalité des chances et un recul de l’universalisme républicain. Les associations étudiantes et les syndicats enseignants rappellent que les étudiants étrangers contribuent économiquement et culturellement à la vie des campus, et que les frais d’inscription ne couvrent qu’une partie du coût réel des études.

Prochaines étapes

La mobilisation du 26 mai n’est pas isolée. D’autres actions sont prévues dans les semaines à venir, à mesure que se précisent les textes réglementaires concernant les APL. Les organisations syndicales entendent maintenir la pression sur les pouvoirs publics, alors que les premiers effets des réformes se feront sentir dès la rentrée universitaire. Les étudiants étrangers, bien que peu visibles dans les cortèges, attendent des gestes concrets pour alléger le poids financier qui pèse sur leurs études en France.