Un prêtre catholique romain du Texas a répondu « nous ne sommes que des hommes » après avoir été confronté par le fils d’une paroissienne qui l’avait surpris en train d’avoir des relations sexuelles avec elle, a-t-on appris mercredi devant un tribunal. Cette déclaration a été faite lors du deuxième jour du procès d’Anthony Odiong, 57 ans, qui fait face à des accusations pénales pour avoir abusé de son statut de religieux afin de poursuivre des relations sexuelles avec des paroissiennes vulnérables.

Le fils de l’une des femmes concernées, aujourd’hui âgé de 29 ans, a témoigné devant les jurés du tribunal de Waco, au Texas. Il a raconté qu’en 2011, alors qu’il avait environ 14 ans, sa mère – une catholique dévote récemment divorcée – avait organisé une fête à son domicile, où elle vivait avec ses sept enfants. Parmi les invités se trouvait Anthony Odiong. Le jeune homme a déclaré avoir ensuite surpris le prêtre en train d’avoir une relation sexuelle avec sa mère. Lorsqu’il a confronté le religieux, celui-ci a simplement répondu : « nous ne sommes que des hommes ».

Accusations multiples

Le procès d’Anthony Odiong, qui s’est déroulé à Waco, porte sur des accusations selon lesquelles il aurait utilisé sa position de guide spirituel pour initier des relations sexuelles avec des femmes vulnérables. Les faits reprochés se seraient produits sur plusieurs années. Le témoignage du fils de la plaignante constitue un élément central de l’accusation, car il établit un lien direct entre l’abus de confiance et l’acte sexuel.

L’affaire a suscité une attention considérable, d’autant plus que le prêtre avait déjà fait l’objet de controverses. En novembre 2023, Anthony Odiong avait prononcé un sermon dans lequel il qualifiait les membres de la communauté LGBTQ+ de « singes, animaux et chimpanzés ». Cette vidéo, diffusée sur la page YouTube de l’église Saint-Antoine-de-Padoue de Luling, en Louisiane, avait été largement critiquée.

Contexte juridique et religieux

Le procès se déroule dans un contexte de débats récurrents aux États-Unis sur les abus sexuels commis par des membres du clergé. L’affaire Odiong illustre la manière dont des religieux peuvent exploiter leur autorité spirituelle pour abuser de la confiance de leurs ouailles. La défense n’a pas encore présenté sa version des faits, mais les témoignages des plaignants et de leurs proches sont examinés de près par le tribunal.

Les chefs d’accusation retenus contre Anthony Odiong incluent l’exploitation illicite de son statut de prêtre pour obtenir des faveurs sexuelles. Si le prêtre est reconnu coupable, il encourt une peine pouvant aller jusqu’à la prison à perpétuité, compte tenu de la gravité des faits et de la vulnérabilité présumée des victimes.

Réactions et implications

L’affaire a relancé le débat sur la responsabilité des institutions religieuses dans la prévention des abus. Plusieurs organisations de défense des victimes ont appelé à une transparence accrue de la part de l’Église catholique. Le diocèse concerné n’a pas encore commenté le procès en cours, mais des observateurs notent que des cas similaires ont conduit à des réformes dans certaines juridictions.

Le procès devrait se poursuivre dans les jours à venir, avec d’autres témoins appelés à la barre. La décision du jury est attendue avec impatience par les parties civiles, qui espèrent que cette affaire servira d’exemple pour dissuader d’autres abus.