Une coalition de 29 pays a exprimé sa vive inquiétude, jeudi 18 juin 2026, devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, face à l'imminence d'atrocités de masse dans la ville d'el-Obeid, au Soudan. Le groupe, qui s'exprime sous l'égide de la Norvège pour le compte de la Coalition pour la prévention des atrocités et la justice au Soudan, réunit notamment le Royaume-Uni, le Canada, la France, l'Allemagne, l'Irlande, les Pays-Bas et la Sierra Leone, auxquels se sont joints 21 autres États.
« Nous sommes gravement alarmés par les risques urgents d'atrocités et de meurtres délibérés au Soudan », a déclaré la coalition dans un communiqué. Celle-ci estime qu'environ 500 000 civils « risquent d'être victimes d'atrocités à grande échelle » dans la région.
El-Obeid, l'une des plus grandes villes du pays et capitale de l'État du Kordofan du Nord, est le théâtre des combats les plus intenses de ces derniers mois dans le conflit qui déchire le Soudan. La guerre, qui oppose l'armée régulière (SAF) aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) depuis avril 2023, a déjà provoqué le déplacement de près de 14 millions de personnes, déclenché des cycles de violences ethniques et favorisé la propagation de la famine et des maladies.
Dix jours de frappes meurtrières
Le texte de la coalition précise que « dix jours consécutifs de frappes de drones ont tué au moins 50 civils à el-Obeid et dans le Kordofan du Nord, et ont causé des dommages importants aux infrastructures civiles ». Il dénonce également des « rapports crédibles et généralisés de violences à caractère ethnique, y compris des violences sexuelles et sexistes, qui sont déplorables ».
Parallèlement, le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni samedi 21 juin, a fait part de ses préoccupations face au « risque imminent d'atrocités de masse ». Dans une déclaration, il a appelé les RSF à « interrompre immédiatement leur assaut sur el-Obeid » et exigé la fin de l'escalade militaire dans la région du Kordofan. Le Conseil a souligné que cette escalade risquait d'aggraver une « situation humanitaire déjà désastreuse ».
Un conflit aux dimensions humanitaires catastrophiques
Selon l'ONU, le conflit soudanais constitue la plus grande crise de déplacement et de faim au monde. Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et plus de 11 millions ont été contraintes de fuir leur foyer. Près de la moitié de la population soudanaise est confrontée à l'insécurité alimentaire. Les RSF et l'armée soudanaise se disputent le contrôle du pays depuis avril 2023, dans une guerre civile dont les Nations unies ont appelé à éviter une répétition du scénario d'el-Fasher, où des atrocités similaires ont été commises.
La coalition internationale exhorte tous les États à exercer une « pression maximale » sur les RSF et leurs adversaires de l'armée régulière pour prévenir les atrocités et protéger les populations civiles. Elle réclame également un accès humanitaire sans entrave.
Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, avait déjà lancé un appel, jeudi, à la communauté internationale pour qu'elle demande aux parties belligérantes de faire cesser les violences.