Un épais brouillard entoure l'organisation de l'épreuve anticipée de mathématiques en basque pour les lycéens de première. Vendredi 29 mai, la Fédération des écoles immersives en langue basque a annoncé avoir reçu l'autorisation nécessaire pour que les candidats passent cette discipline dans la langue régionale dès la session en cours. Cette déclaration a été immédiatement contredite par le ministre de l'Éducation nationale, qui a démenti l'information dans la soirée.
Les deux positions créent une situation de flou pour les familles et les établissements concernés. La fédération, qui regroupe notamment les ikastola (écoles associatives immersives), affirmait que l'accord avait été obtenu auprès des services du ministère. De son côté, le locataire de la rue de Grenelle a opposé un démenti net, sans toutefois apporter de précisions sur le calendrier ou les conditions d'une éventuelle mise en œuvre.
Une revendication de longue date
L'enseignement des mathématiques en basque au baccalauréat est réclamé depuis plusieurs années par les défenseurs de la langue. Jusqu'à présent, les disciplines scientifiques ne pouvaient être évaluées dans une langue régionale dans le cadre des épreuves terminales. Les élèves des filières immersives devaient composer en français pour les mathématiques, ce que les associations jugent contradictoire avec le principe d'immersion linguistique.
Le gouvernement travaille depuis plusieurs mois à étendre l'usage des langues régionales dans les examens nationaux. Un décret et des arrêtés ont été publiés en ce sens, mais leur application concrète suscite des interrogations. La question de l'épreuve de mathématiques en basque cristallise les attentes, notamment au Pays basque où l'enseignement immersif concerne plusieurs milliers d'élèves.
Contradiction et incertitude
L'annonce de la Fédération des écoles immersives et le démenti ministériel placent les chefs d'établissement dans l'embarras. Certains craignent de devoir organiser deux versions de l'épreuve – l'une en français, l'autre en basque – dans des délais très courts. D'autres redoutent un recours contentieux si l'autorisation promise n'était finalement pas accordée.
Le ministère n'a pas précisé si des discussions étaient en cours pour trouver une solution pour la session 2025-2026. Aucune information officielle n'a filtré sur d'éventuelles épreuves de sciences en basque pour les années à venir. Les familles et les enseignants restent dans l'attente de clarifications.
Dans ce climat d'incertitude, la Fédération des écoles immersives en langue basque a indiqué qu'elle maintenait ses préparatifs pour une épreuve en basque, tout en espérant une confirmation écrite rapide de l'administration. Le ministre, lui, n'a pas fait de nouvelle déclaration depuis son démenti.