Une signature présidentielle inédite

À l'occasion des 250 ans de l'indépendance des États-Unis, célébrés le 4 juillet, la Monnaie américaine a commencé à émettre des billets de 100 dollars portant la signature de Donald Trump. C'est la première fois depuis la création du pays, il y a deux siècles et demi, qu'un président en exercice appose sa griffe sur la monnaie nationale. Jusqu'ici, seuls le secrétaire au Trésor et le trésorier des États-Unis figuraient sur les coupures.

Le président a diffusé une photographie de ces nouveaux billets sur son réseau Truth Social, officialisant leur mise en circulation. Cette innovation a été rendue possible par une décision de l'administration Trump, qui a écarté la tradition instaurée en 1861 voulant que seule la signature du trésorier apparaisse sur les billets. Aucune disposition législative fédérale n'interdit cette pratique, contrairement à l'impression du portrait d'une personne vivante.

Un projet de billet à l'effigie présidentielle bloqué par la loi

Dans un premier temps, Donald Trump avait souhaité aller plus loin en faisant figurer son visage sur un billet commémoratif de 250 dollars, spécialement créé pour le bicentenaire. Ce projet s'est heurté à un obstacle juridique de taille. Le code des États-Unis précise en effet que seul le portrait d'une personne décédée peut être reproduit sur les billets de banque et les titres américains. En outre, l'émission d'une coupure de 250 dollars n'est pas prévue par la législation fédérale encadrant les montants des billets émis.

Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a estimé qu'il n'y avait « rien d'inapproprié » à ce que le visage de Donald Trump orne un billet. Il a indiqué que son département « procède à une planification adéquate et à une diligence raisonnable », dans l'attente d'une éventuelle adoption d'une proposition de loi déposée par un élu républicain pour autoriser cette exception. Ce texte n'a pour l'heure pas été voté par le Congrès. Selon des informations de presse, des responsables de l'administration ont néanmoins demandé au Bureau de la gravure et de l'impression (Bureau of Engraving and Printing, BEP) — l'agence du Trésor chargée de concevoir et produire les billets — de préparer des prototypes.

Un encadrement variable selon les pays

L'initiative américaine relance le débat sur les règles qui régissent le design des billets de banque dans le monde. Chaque pays fixe ses propres critères, entre traditions, obligations légales et contraintes techniques.

Dans l'Union européenne, les visuels des billets en euros ne sont pas strictement encadrés par une réglementation spécifique, comme l'explique la Banque de France. En revanche, des règles contraignantes existent concernant la taille des coupures et la présence d'éléments obligatoires : la carte de l'Europe, le drapeau européen et la signature de la présidente de la Banque centrale européenne. Ces dispositions sont détaillées dans une décision de la BCE, qui fixe également le style graphique distinctif de chaque billet (par exemple, le ton rouge et romanesque des billets de dix euros).

La question de faire figurer un dirigeant en exercice ne se pose pas dans les mêmes termes qu'aux États-Unis, car les traités européens et les usages de la BCE privilégient des symboles architecturaux et culturels plutôt que des portraits de personnalités politiques vivantes.

Un symbole fort pour le bicentenaire

Au-delà de la querelle juridique, l'apposition de la signature de Donald Trump sur les billets de 100 dollars constitue un geste symbolique puissant pour le président américain. En liant son nom à la monnaie nationale à l'occasion des 250 ans du pays, il entend marquer l'histoire et laisser une empreinte durable. Toutefois, cette décision n'a pas fait l'unanimité. Certains observateurs soulignent qu'elle rompt avec une tradition centenaire et qu'elle pourrait ouvrir la voie à une politisation accrue de la monnaie.

En tout état de cause, les billets de 100 dollars signés par Donald Trump circulent désormais aux côtés des coupures traditionnelles. Ils constituent une première dans l'histoire des États-Unis, où aucun président en exercice n'avait jusqu'alors vu sa signature figurer sur la monnaie.