La députée écologiste Delphine Batho a transmis un signalement à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) à la suite des bousculades survenues dans plusieurs magasins Lidl. Elle accuse l'enseigne de publicité mensongère et d'avoir « organisé » des tensions entre les clients.

Plusieurs points de vente de la chaîne de hard-discount ont été fermés temporairement ces derniers jours après des mouvements de foule. Les incidents se sont produits lors de promotions particulièrement agressives, attirant un nombre de consommateurs bien supérieur à ce que les surfaces pouvaient accueillir dans des conditions normales. Selon l'élue, ces désordres ne sont pas le fruit du hasard mais résultent d'une stratégie marketing délibérée, visant à créer un sentiment de rareté pour forcer l'achat.

Dans son courrier adressé au gendarme de la concurrence, Delphine Batho estime que les offres promotionnelles mises en avant par Lidl constituent une forme de publicité trompeuse. « Lorsqu'une enseigne annonce des prix cassés sur des produits en quantité limitée sans en informer clairement les consommateurs, elle les induit en erreur », a-t-elle déclaré. Elle ajoute que les bousculades observées relèvent d'une « organisation des tensions » par l'entreprise, qui chercherait à provoquer un sentiment d'urgence chez les clients. La députée, connue pour son engagement sur les questions de consommation responsable, demande à la DGCCRF d'ouvrir une enquête et, si les faits sont établis, de prononcer des sanctions.

Les fermetures de magasins avaient été ordonnées par les autorités locales après des interventions des forces de l'ordre pour disperser la foule. Des images filmées par des clients montraient des scènes de cohue, avec des clients se précipitant sur des produits, certains se bousculant violemment. Les incidents ont suscité une vive émotion, d'autant que plusieurs personnes ont été légèrement blessées dans les mouvements de foule. Aucun bilan officiel n'a été communiqué sur le nombre exact de magasins fermés ni sur le nombre de blessés.

Cet épisode relance le débat sur les pratiques commerciales des grandes surfaces et leur responsabilité en matière de sécurité des clients. Des associations de consommateurs avaient déjà interpellé le gouvernement sur le sujet, appelant à un encadrement plus strict des opérations promotionnelles. Certaines estiment que les enseignes devraient être tenues de limiter les quantités vendues par personne lors des promotions ou de prévoir un dispositif de gestion des flux. Le ministre de l'Économie ne s'est pas encore exprimé sur ce dossier, mais plusieurs parlementaires ont demandé des explications à la direction de Lidl.

L'enseigne Lidl n'a pas encore réagi publiquement aux accusations de Delphine Batho. Contactée par des journalistes, la communication de l'entreprise s'est refusée à tout commentaire dans l'immédiat. De son côté, la DGCCRF n'a pas indiqué la suite qu'elle donnerait à ce signalement. Toutefois, cette saisine pourrait déboucher sur des contrôles inopinés dans les magasins concernés, voire sur des poursuites pour pratiques commerciales trompeuses si l'enquête confirme les allégations.

Delphine Batho, qui siège à l'Assemblée nationale, a indiqué qu'elle suivrait de près l'évolution de l'enquête. Elle a également appelé les consommateurs à signaler tout abus auprès des services de la répression des fraudes. Cette affaire intervient dans un contexte de forte inflation et de sensibilité accrue des ménages aux prix, rendant les promotions encore plus attractives et potentiellement source de tensions.