L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a présenté le 1er juillet 2026 son rapport annuel consacré à l'économie française. Le document alerte sur une trajectoire jugée insoutenable de la dette publique, qui pourrait atteindre 203 % du produit intérieur brut (PIB) à l'horizon 2060 en l'absence de mesures correctrices.

Selon les projections de l'institution, le déficit public devrait encore s'établir à 5,5 % du PIB en 2026, avant de se réduire progressivement. L'OCDE estime que la France doit impérativement réduire ses dépenses publiques, augmenter les recettes fiscales et engager des réformes structurelles pour inverser la tendance.

Des recommandations sur les retraites et les dépenses sociales

L'organisation internationale préconise notamment un nouveau report de l'âge légal de départ à la retraite, au-delà des 64 ans fixés par la réforme de 2023. Elle suggère également une réduction des aides sociales ciblées sur les ménages les plus aisés, ainsi qu'une hausse de la fiscalité sur le patrimoine et les revenus du capital.

L'OCDE pointe le niveau élevé des dépenses publiques, qui représentent plus de 57 % du PIB, et appelle à un « plan costaud » pour assainir les finances publiques. L'institution recommande aussi de simplifier le système fiscal, de renforcer la concurrence dans certains secteurs et d'améliorer l'efficacité de la dépense publique.

Un contexte de dégradation des comptes publics

Ce nouvel avertissement intervient alors que la dette publique française a franchi le seuil des 3 536 milliards d'euros au premier trimestre 2026, établissant un nouveau record. La Cour des comptes avait déjà jugé, fin juin, que la réduction du déficit était « insuffisante » face à une situation « alarmante ».

Le gouvernement a présenté un projet de loi de finances pour 2027 visant à ramener le déficit sous la barre des 3 % du PIB d'ici 2029, conformément aux règles budgétaires européennes. Toutefois, les prévisions de l'OCDE suggèrent que les efforts actuels pourraient ne pas suffire à stabiliser la dette à long terme.

Une pression accrue sur l'exécutif

Les conclusions de l'OCDE mettent une pression supplémentaire sur l'exécutif, alors que le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, a réaffirmé l'engagement du gouvernement à réduire le déficit. L'institution appelle à des réformes « ambitieuses et crédibles » pour restaurer la confiance des marchés et des partenaires européens.

L'OCDE souligne également que la France bénéficie d'un taux d'intérêt historiquement bas malgré l'endettement, mais juge cette situation précaire. Une remontée des taux pourrait alourdir significativement la charge de la dette et contraindre le budget de l'État.

Un débat politique qui s'annonce vif

Ces recommandations interviennent dans un climat politique tendu, alors que le gouvernement cherche à concilier rigueur budgétaire et soutien à la croissance. Les syndicats et une partie de l'opposition rejettent toute nouvelle réforme des retraites, tandis que le patronat appelle à une maîtrise des dépenses publiques.

L'OCDE reconnaît que les réformes structurelles nécessaires pourraient se heurter à des difficultés sociales et politiques. Elle insiste néanmoins sur l'urgence d'agir, estimant que chaque année de report accroît le coût de l'ajustement.

Alors que la France s'apprête à présenter son programme de stabilité à la Commission européenne, les conclusions de l'OCDE risquent d'alimenter les critiques sur la crédibilité de la trajectoire budgétaire annoncée par l'exécutif.