Arrivée du chef de l'OMS et message d'espoir
Le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a atterri jeudi soir dans la capitale congolaise, Kinshasa. Il doit se rendre ce vendredi dans la province d'Ituri, dans le nord-est du pays, épicentre de l'épidémie déclarée le 15 mai. Dès son arrivée, il a affirmé que cette flambée de fièvre hémorragique « peut être stoppée », rejetant l'idée de restrictions de voyages qui, selon lui, « n'aident pas beaucoup ». Il a promis de faire « tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider ».
Bilan toujours croissant
Selon les dernières données de l'OMS arrêtées au 24 mai, l'épidémie a provoqué 10 décès confirmés et 223 morts suspectes, sur plus de 1 000 cas confirmés et suspects. L'agence sanitaire mondiale a prévenu que l'ampleur réelle de la propagation, qui aurait circulé sous les radars pendant un certain temps, est probablement beaucoup plus large. Il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola enregistrée dans ce vaste pays d'Afrique centrale, peuplé de plus de 100 millions d'habitants.
Violences et déplacements compliquent la riposte
La situation est aggravée par l'insécurité chronique dans l'est du pays, une région riche en minerais où divers groupes armés sévissent depuis plus de trente ans. Depuis 2021, le M23, soutenu par le Rwanda, a conquis de vastes territoires, avec une intensification des combats depuis un an et demi. Tedros a exhorté les belligérants à cesser le feu : « Conflit et déplacements rendent tout plus difficile. Je lance un appel direct à toutes les parties belligérantes de cette région : s'il vous plaît, déclarez un cessez-le-feu. Aucune cause, aucun conflit, aucun grief ne vaut la peine de condamner des innocents à mort à cause d'une maladie évitable. »
Vaccin en développement
Aucun vaccin ni traitement n'existe actuellement pour la souche Bundibugyo d'Ebola, responsable de cette épidémie. Mais le directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a annoncé jeudi qu'un vaccin devrait être disponible d'ici la fin de l'année 2026. « Ce que nous pouvons vous dire avec certitude, c'est qu'à la fin de cette année, Africa CDC fera en sorte que nous ayons un vaccin et un médicament contre Bundibugyo », a-t-il déclaré lors d'un point de presse en ligne. Il a ajouté que les dirigeants africains sont prêts à investir aux niveaux technique et stratégique pour y parvenir.
Aide humanitaire et mesures internationales
L'OMS a signalé l'arrivée de 4,6 tonnes d'aide à l'aéroport de Bunia, capitale de la province d'Ituri. De son côté, l'UNICEF a indiqué envoyer 100 tonnes d'aide vers le pays.
À l'étranger, plusieurs pays ont réagi. L'Ouganda voisin, qui a enregistré un décès confirmé d'Ebola et six cas supplémentaires, a annoncé la fermeture immédiate de sa frontière avec la RDC. Les États-Unis ont déclaré qu'ils n'autoriseront l'entrée sur leur territoire à aucune personne atteinte par le virus. L'administration du président américain Donald Trump travaille également à l'ouverture d'un centre de traitement pour les citoyens américains infectés au Kenya.