Deux affaires judiciaires secouent la vie politique espagnole
L'épouse du Premier ministre Pedro Sánchez, Begoña Gómez, fait l'objet d'une enquête préliminaire ouverte par un tribunal madrilène pour des soupçons de trafic d'influence et de corruption dans les affaires, a-t-on appris de source judiciaire. Parallèlement, l'ancien chef du gouvernement Mariano Rajoy est également cité à comparaître dans le cadre d'une autre procédure, liée à d'anciens financements présumés illégaux de son parti, le Parti populaire (PP).
Les faits reprochés à Begoña Gómez
Selon les premières informations judiciaires, l'enquête concernant Begoña Gómez porte sur des relations d'affaires qu'elle aurait eues avec des entrepreneurs ayant obtenu des marchés publics du gouvernement. Elle est convoquée pour être entendue comme témoin, mais les juges n'ont pour l'instant pas précisé si elle est mise en cause directement. L'épouse du Premier ministre, qui n'exerce pas de fonction publique officielle, conteste ces allégations par la voix de son avocat.
Mariano Rajoy devant les juges
L'ancien président du gouvernement Mariano Rajoy est, quant à lui, convoqué dans le cadre de l'affaire dite des « écoutes de Kitchen », du nom d'une opération policière secrète ayant visé à déstabiliser l'ancien trésorier du PP. Rajoy, qui a dirigé l'Espagne de 2011 à 2018, doit répondre de soupçons de détournement de fonds publics et de corruption, selon des documents judiciaires consultés. Il nie toute implication dans ces faits.
Réactions politiques
Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), au pouvoir, a exprimé son soutien à Begoña Gómez tout en appelant au respect de la présomption d'innocence. Le PP, de son côté, a dénoncé ce qu'il qualifie de « persécution judiciaire » contre son ancien dirigeant, tout en réclamant la transparence sur les liens entre le gouvernement et le monde des affaires. Les deux affaires interviennent dans un climat politique tendu, alors que des élections régionales sont attendues dans les prochains mois.
Procédure et calendrier
Les auditions devraient se dérouler dans les semaines à venir, mais aucune date précise n'a été communiquée officiellement. La justice espagnole, indépendante du pouvoir exécutif, mène ces investigations sans intervention gouvernementale, ont rappelé les magistrats instructeurs. Les deux enquêtes pourraient prendre plusieurs mois avant d'aboutir à d'éventuelles mises en accusation.