Moins d'un an après son passage sous le contrôle du groupe Europlasma, la Fonderie de Bretagne va demander son placement en redressement judiciaire. L'entreprise, qui fabrique des pièces de fonderie pour l'industrie automobile, doit saisir le tribunal de commerce de Rennes dans les prochains jours afin d'obtenir l'ouverture d'une procédure collective. Cette décision marque un nouveau coup dur pour un site industriel déjà fragilisé par plusieurs années de difficultés.

Le groupe Europlasma, qui avait repris la fonderie en 2024, a annoncé avoir enregistré une perte nette de 35,6 millions d'euros sur l'exercice 2025. Ce chiffre, qui reflète l'ampleur des difficultés rencontrées par l'établissement, a précipité la décision de solliciter la protection du tribunal. Les dirigeants du groupe ont souligné que les pertes accumulées rendaient impossible la poursuite de l'activité dans les conditions actuelles.

Des difficultés structurelles persistantes

La Fonderie de Bretagne, située à Caudan (Morbihan), employait encore plusieurs centaines de salariés au moment de sa reprise. L'entreprise avait déjà connu une procédure de redressement judiciaire en 2020 avant d'être cédée à un premier repreneur, puis à Europlasma l'année dernière. Malgré les promesses de redressement formulées lors de la reprise, la situation ne s'est pas améliorée.

Le secteur automobile, client principal de l'entreprise, traverse lui-même une période de turbulences marquée par la baisse des commandes et la transition vers les véhicules électriques. La fonderie n'a pas réussi à diversifier suffisamment sa clientèle pour compenser cette érosion, aggravant encore ses difficultés financières.

Des voix s'élèvent pour dénoncer l'échec de la reprise

À l'annonce de cette nouvelle procédure, plusieurs responsables politiques et syndicaux ont exprimé leur colère. « Les responsables doivent rendre des comptes », a déclaré l'un d'eux, pointant du doigt l'échec de la stratégie mise en œuvre par Europlasma. Des élus locaux demandent que des explications soient fournies sur l'utilisation des aides publiques éventuellement accordées lors de la reprise.

Le tribunal de commerce de Rennes devra désormais examiner la demande de la Fonderie de Bretagne et décider des modalités de la procédure. Une période d'observation pourrait être ouverte pour tenter de trouver une nouvelle solution de reprise ou un plan de continuation. L'avenir des emplois du site reste très incertain.

Un dossier qui s'ajoute à une série d'échecs industriels

Ce nouveau rebondissement dans le feuilleton de la Fonderie de Bretagne illustre les difficultés récurrentes du tissu industriel français, en particulier dans le secteur de l'automobile et de la fonderie. Plusieurs sites similaires ont connu des destins comparables ces dernières années, peinant à trouver des repreneurs capables de les remettre durablement à flot.

Les salariés de l'usine, déjà éprouvés par les précédentes procédures, attendent désormais des éclaircissements sur leur sort. Les syndicats, de leur côté, appellent à une mobilisation pour exiger des garanties sur le maintien de l'emploi et la pérennité du site industriel.