L’avenir politique de Keir Starmer semble se préciser. Selon des sources proches du dossier, le chef du gouvernement britannique aurait mis à profit son séjour à la résidence de campagne de Chequers, ce week-end, pour finaliser un plan de sortie qui permettrait à Andy Burnham, l’actuel maire du Grand Manchester, de lui succéder au poste de Premier ministre.

Ce scénario, qui circulait avec insistance depuis plusieurs semaines dans les allées du pouvoir, prendrait forme concrète dans les tout prochains jours. L’entourage de M. Starmer aurait laissé entendre que l’annonce pourrait intervenir rapidement, même si aucun calendrier officiel n’a encore été communiqué. Le plan prévoirait une démission à la fois de la direction du Parti travailliste et du 10 Downing Street, déclenchant ainsi une élection interne pour désigner un nouveau chef, puis un nouveau locataire de Downing Street.

Un successeur déjà désigné

C’est le nom d’Andy Burnham qui revient avec le plus de constance comme favori pour prendre la relève. Figure populaire du Labour, M. Burnham a su se forger une image d’homme de terrain pendant son mandat à la tête de la métropole mancunienne, notamment lors de la pandémie de Covid-19. Sa candidature à la direction du parti serait ouvertement soutenue par plusieurs poids lourds du gouvernement, las des difficultés persistantes rencontrées par l’administration Starmer.

Le Premier ministre, arrivé au pouvoir en 2024 après une victoire écrasante aux urnes, traverse une période particulièrement difficile. La baisse de popularité, les tensions internes et les résultats économiques en demi-teinte ont alimenté les spéculations sur un départ anticipé. Récemment, plusieurs proches de M. Starmer avaient déjà assoupli leur discours, évoquant les « réalités politiques » auxquelles il serait confronté.

Une issue envisagée depuis plusieurs mois

Si l’hypothèse d’un retrait de Keir Starmer n’est pas nouvelle, le caractère désormais organisé de la transition suggère que les dés sont jetés. Le week-end à Chequers aurait permis de mettre au point les modalités pratiques de la passation, en évitant une vacance brutale du pouvoir. Andy Burnham, de son côté, n’a pas officiellement confirmé son intention de se porter candidat, mais ses alliés préparent activement le terrain.

L’annonce officielle, lorsqu’elle interviendra, mettra un terme à des mois de rumeurs et de fuites organisées. Elle offrirait au Parti travailliste l’opportunité de renouveler sa direction sans attendre les prochaines élections générales, prévues pour 2029. Reste à savoir si cette opération permettra de redonner un souffle à la formation politique, ou si elle ouvrira une période d’incertitude supplémentaire.