Un jury new-yorkais a déclaré Guo Wengui coupable de plusieurs chefs d'accusation, notamment de fraude et de blanchiment d'argent, à l'issue d'un procès qui a mis en évidence un système frauduleux de grande ampleur. Un juge fédéral américain a estimé que ce montage avait touché des centaines de personnes à travers le monde. La peine prononcée lundi prévoit trente ans de prison.
Qui est Guo Wengui ?
Guo Wengui, connu également sous les noms de Miles Guo ou Ho Wan Kwok, est un promoteur immobilier chinois. Il avait quitté la Chine en 2015 pour s'installer aux États-Unis après avoir été lui-même visé par des poursuites judiciaires dans son pays d'origine pour des faits de fraude. Les autorités chinoises l'accusaient par ailleurs de viol, d'enlèvement et de corruption, des allégations que l'intéressé a toujours niées.
Une fois installé aux États-Unis, Guo s'est imposé comme un critique virulent du Parti communiste chinois. Il s'est allié à Steve Bannon, stratège politique conservateur et ancien conseiller du président Donald Trump. En juin 2020, les deux hommes ont annonc lancé un mouvement politique commun baptisé « Nouvel État fédéral de Chine » (New Federal State of China). Ce groupe se présentait comme un lobby dont l'objectif déclaré était de renverser le gouvernement chinois en place.
Arrestation et affaire liée
Steve Bannon avait été arrêté en août 2020 sur le yacht de Guo Wengui, dans le cadre d'une procédure distincte pour détournement de fonds liée à un projet de mur frontalier cher à l'administration Trump. Cette affaire a ajouté une dimension politique supplémentaire au dossier.
Procédure judiciaire
Le tribunal fédéral de New York a donc suivi les réquisitions du ministère public en imposant une lourde peine d' incarceration, reflet de l'ampleur des sommes en jeu et du nombre de victimes. La défense n'a pas commenté immédiatement la sentence. Guo Wengui conserve la possibilité de faire appel.
Cette affaire illustre les parcours complexes d'une partie de l'élite économique chinoise ayant fui le système judiciaire de Pékin tout en tentant, de l'étranger, d'influencer politiquement leur pays d'origine. Elle met également en lumière les limites de la justice américaine face à des figures controversées parties prenantes dans les jeux d'influence transnationaux.