L'Organisation des Nations unies a franchi un nouveau palier dans sa lutte contre les violences sexuelles en période de conflit en incluant Israël pour la première fois dans sa liste noire annuelle. Le rapport du secrétaire général Antonio Guterres, dont la publication est prévue vendredi, accuse les autorités israéliennes d'avoir perpétré des violences sexuelles sur des détenus palestiniens dans les territoires occupés de Gaza et de Cisjordanie.
Selon le document, ces actes incluent des viols, des viols collectifs avec objets, des tentatives de viol, des agressions physiques contre les parties génitales, des tirs délibérés sur les organes génitaux, des attouchements, des fouilles à nu et à cavité sans motif de sécurité apparent, la nudité forcée et des menaces de viol. Les auteurs présumés sont des membres de l'armée israélienne, des forces de sécurité et des services pénitentiaires.
Des responsables israéliens ont confirmé jeudi cette inscription, tout en la dénonçant fermement. L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon, a qualifié la décision de « honteuse et absurde ». « Nous en avons fini avec ce secrétaire général. Guterres a mis Israël sur la même liste noire que le Hamas, l'Etat islamique et les organisations terroristes les plus dépravées du monde », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Le rapport inclut également la Russie pour la première fois, avec 310 cas vérifiés de violences sexuelles commises par ses forces contre des prisonniers militaires et des détenus civils en Ukraine. L'ambassadeur russe Vassily Nebenzia a dénoncé des « mensonges non fondés » destinés à présenter la Russie comme un « méchant ». Il a annoncé que Moscou préparait un rapport sur le traitement des prisonniers de guerre russes par les Ukrainiens.
Le secrétaire général avait déjà averti Israël et la Russie l'an dernier d'une possible inscription. La liste noire comporte désormais 77 acteurs étatiques et non étatiques dans une douzaine de pays. Les violences sexuelles liées aux conflits ont augmenté de manière significative en 2025 par rapport à 2024, selon le rapport.
Le Hamas, classé organisation terroriste par plusieurs pays, figurait déjà sur cette liste après l'attaque du 7 octobre 2023 contre Israël. Toutefois, le document indique que de nombreuses allégations à son encontre n'ont pu être vérifiées indépendamment, Israël ayant refusé l'accès aux enquêteurs onusiens.
D'autres pays comme le Soudan, Haïti, la République démocratique du Congo, la Birmanie, la Syrie et le Mali sont également épinglés. L'Ukraine n'a pas été ajoutée, bien que 31 cas impliquant ses forces de sécurité aient été signalés, la plupart antérieurs à 2025.
L'inclusion d'Israël et de la Russie marque un tournant dans la diplomatie onusienne. Ces deux pays rejettent catégoriquement les accusations et dénoncent une politisation de l'organisme.