Un sommet sous pression
Les dirigeants des pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) se réunissent cette semaine à Ankara, en Turquie, pour un sommet qui s'annonce décisif pour l'avenir de l'alliance. L'enjeu principal : convaincre le président des États-Unis, Donald Trump, que les Alliés prennent au sérieux ses demandes d'augmentation massive des dépenses militaires.
Il y a un an, le locataire de la Maison-Blanche avait sommé les partenaires européens de porter leurs investissements dans la défense à 5 % de leur produit national brut d'ici 2035, une exigence qui avait suscité de vives inquiétudes au sein de l'alliance. Depuis, plusieurs capitales ont accéléré leurs programmes de modernisation militaire pour tenter de répondre à cet objectif.
Des progrès inégaux
Selon les données compilées par le secrétariat général de l'OTAN, les dépenses totales alliées consacrées aux forces armées ont augmenté de 90 milliards de dollars au cours des douze derniers mois. L'Allemagne et les pays baltes figurent parmi les meilleurs élèves, avec des hausses significatives de leurs budgets et l'acquisition de nouveaux équipements et de personnels supplémentaires.
En revanche, d'autres États membres peinent à suivre le rythme. L'Albanie et la Slovénie, par exemple, rencontrent des difficultés pour atteindre les seuils fixés. De leur côté, la France et le Royaume-Uni, pourtant deux des principales puissances militaires du continent, font face à des contraintes budgétaires sérieuses qui limitent leur capacité à accroître rapidement leurs dépenses.
Les assurances de Mark Rutte
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'est employé à rassurer l'administration américaine sur les progrès accomplis. « Je pense que nous sommes en assez bonne forme », a-t-il déclaré lors d'une rencontre à Washington avec Donald Trump, où il a présenté des chiffres détaillés sur les augmentations réalisées.
« S'il y a un ou deux pays qui ont besoin d'un peu d'encouragement, je le ferai discrètement, et je peux vous assurer que cela sera ferme mais discret », a ajouté M. Rutte. Il a souligné que « la première tâche de tout gouvernement est d'assurer la sécurité de la nation », justifiant ainsi l'effort collectif demandé.
Un test pour l'avenir de l'alliance
Le sommet d'Ankara représente un test crucial pour la crédibilité de l'OTAN. La capacité des Alliés à démontrer qu'ils investissent davantage dans leur propre défense déterminera en grande partie la rapidité avec laquelle l'Europe pourra se passer, au moins partiellement, du parapluie militaire américain. Washington avait menacé de réduire sa présence militaire sur le continent si les partenaires ne prenaient pas leurs responsabilités.
Si certains pays affichent des résultats tangibles, les disparités persistent et pourraient alimenter les critiques de Donald Trump, qui n'a jamais caché son mécontentement face à ce qu'il considère comme un manque d'effort des Européens. Les discussions à Ankara devraient permettre de faire le point sur les engagements pris et d'identifier les domaines où des progrès supplémentaires sont nécessaires.
Des décisions attendues
Au-delà des chiffres, les dirigeants devront également trancher sur des questions opérationnelles, notamment le renforcement des capacités de défense antimissile et la poursuite du soutien à l'Ukraine. Mais c'est bien la question du partage du fardeau financier qui dominera les débats, chacun sachant que les décisions prises ici influenceront la relation transatlantique pour les années à venir.