La journaliste allemande Eva Maria Michelmann, portée disparue en Syrie depuis plusieurs mois, a regagné l'Allemagne cette semaine. Son avocat, Roland Meister, a indiqué qu'elle avait été libérée et qu'elle était arrivée dans son pays dans l'après-midi du vendredi. Son frère, Antonius Michelmann, a précisé qu'elle était en bonne santé compte tenu des conditions de détention qu'elle a subies.

Une détention entamée en janvier à Raqqa

Eva Maria Michelmann travaillait comme correspondante indépendante en Syrie depuis 2002. Elle a été arrêtée le 18 janvier dans la ville de Raqqa, lors d'une opération militaire menée par les forces gouvernementales syriennes. À cette époque, les troupes de Damas progressaient dans les territoires contrôlés par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition menée par les Kurdes. La journaliste couvrait les tensions entre les combattants kurdes et le nouveau gouvernement syrien.

Selon les autorités syriennes, elle se trouvait dans un bâtiment appartenant à un groupe lié aux FDS lorsque les forces de sécurité ont lancé un raid. Toutes les personnes présentes ont été placées en garde à vue. Deux ressortissants étrangers figurent parmi les interpellés, a précisé à l'époque le ministère syrien de l'Information.

Isolement prolongé et interrogatoires

Antonius Michelmann a rapporté que sa sœur avait été placée à l'isolement pendant une longue période, sans donner plus de détails. Les autorités syriennes avaient initialement affirmé que la journaliste s'était présentée comme ressortissante espagnole employée par une organisation affiliée à l'Organisation des Nations unies. Une vérification auprès de l'ONU a toutefois montré qu'aucun membre de son personnel n'était porté disparu dans la zone.

Un confrère toujours porté disparu

Le même jour que Michelmann, un journaliste kurde de nationalité turque, Ahmed Polad, a également été appréhendé. Son sort demeure inconnu. Le frère de la journaliste allemande a expressément déclaré qu'aucune trace de ce confrère n'avait été retrouvée.

Une libération après des mois d'incertitude

La disparition de Michelmann avait suscité des inquiétudes au sein de la profession et des autorités allemandes. La semaine précédant sa libération, le gouvernement allemand avait fait savoir qu'il œuvrait pour son rapatriement. Le retour de la journaliste s'est effectué via la Jordanie, où son frère est allé la chercher.

La région du nord-est syrien, où les FDS ont exercé une large autonomie entre 2017 et le début de l'année 2026, a connu des changements majeurs avec le transfert de pouvoir aux forces gouvernementales dirigées par le président Ahmed al-Charaa. Cette situation complexe a rendu les activités des journalistes étrangers particulièrement risquées.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait précédemment exigé des éclaircissements sur le sort de Michelmann et de Polad, dénonçant les conditions de leur détention. La libération de l'Allemande constitue une issue positive, mais l'absence d'informations sur son collègue maintient l'inquiétude.