Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, s'est rendu le 30 mai dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), au plus près du foyer de l'épidémie de la maladie à virus Ebola. Sa visite intervient alors que le pays enregistre au moins 1 077 cas suspects et 246 décès depuis la déclaration de l'épidémie le 15 mai, selon les données des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).

Un appel à la prudence lors des rites funéraires

Dans le territoire d'Ituri, épicentre de la résurgence, M. Tedros a mis en garde la population contre la contagiosité des dépouilles des personnes décédées du virus. « Je comprends combien il est douloureux de perdre un proche et combien il importe de lui rendre un hommage approprié », a-t-il déclaré, faisant référence aux traditions locales qui impliquent que les proches lavent et manipulent le corps sans équipement de protection. « Alors que nous pleurons ceux que nous avons perdus, nous devons tout faire pour ne pas en perdre d'autres », a-t-il ajouté.

Le chef de l'OMS a rappelé que la souche Bundibugyo du virus, qui est à l'origine de l'actuelle flambée épidémique, ne dispose d'aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé. Il a exhorté les personnes infectées à consulter rapidement pour bénéficier de soins de réhydratation et de gestion de la douleur, tout en respectant les mesures d'isolement. « Consulter tôt fait une réelle différence », a-t-il insisté.

Les autorités congolaises affichent leur expérience

À Ituri, le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba Mulamba, s'est associé à la visite après avoir passé plusieurs jours dans la zone touchée. S'exprimant lors d'une conférence de presse aux côtés de M. Tedros, il a assuré que son pays avait l'expérience de la lutte contre Ebola. « Nous avons vaincu Ebola l'année dernière », a-t-il affirmé, en référence à une épidémie de moindre ampleur. « Nous vous disons : faites-nous confiance, nous savons ce que nous faisons. » Il a également appelé les pays voisins à ne pas fermer leurs frontières.

Une épidémie qui dépasse les frontières

Outre l'Ituri, des cas ont été détectés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Neuf cas confirmés ont été recensés en Ouganda voisin, où un décès a été rapporté dans la capitale Kampala. Le gouvernement ougandais a fermé sa frontière avec la RDC cette semaine, une mesure que les autorités sanitaires internationales jugent souvent contre-productive dans la gestion des épidémies.

État d'alerte sanitaire

La maladie à virus Ebola se transmet entre humains par contact direct avec les fluides corporels d'une personne infectée ou avec des objets contaminés. La période d'incubation peut atteindre 21 jours, selon l'OMS. Les responsables sanitaires estiment que la propagation réelle de la maladie pourrait être bien plus large que les chiffres officiels ne le laissent paraître, en raison des difficultés d'accès et de surveillance dans une région en proie à des conflits armés.

L'OMS avait indiqué une semaine plus tôt que le risque de propagation mondiale de cette épidémie demeurait faible. M. Tedros avait déjà rencontré des hauts responsables congolais dans la capitale Kinshasa avant son déplacement dans l'est du pays.