Le Premier ministre chinois Li Qiang a plaidé en faveur d'un renforcement de la gouvernance internationale de l'intelligence artificielle (IA), mettant en garde contre les risques d'emballement technologique. Il s'exprimait mercredi 24 juin lors de la session estivale du Forum économique mondial, connue sous le nom de « Davos d'été », qui se tenait à Dalian, dans le nord-est de la Chine.
Dans son allocution, Li Qiang a souligné que le rythme des innovations dans le domaine de l'IA est « d'une rapidité sans précédent » et que cette technologie a « considérablement accru l'efficacité de l'innovation ». Toutefois, a-t-il averti, « nous ne pouvons pas fermer les yeux sur les risques de perte de contrôle des technologies et de dérive éthique, de plus en plus prégnants dans l'évolution actuelle ». Il a ajouté que si « la gouvernance nécessaire ne suit pas le rythme, les conséquences pourraient être lourdes ».
Cette déclaration intervient dans un contexte de préoccupations croissantes face aux bouleversements que l'IA provoque sur le marché de l'emploi, aux biais discriminatoires qu'elle peut générer, aux cyberattaques et à son déploiement potentiel dans les conflits armés. Pékin avait déjà appelé le mois précédent les États-Unis à collaborer pour promouvoir une gouvernance partagée de l'intelligence artificielle, annonçant la création d'un dialogue intergouvernemental sur ce sujet, source d'une rivalité technologique intense entre les deux puissances.
Mirek Dusek, directeur général du Forum économique mondial, a estimé que l'IA offre « une chance immense de faire un bond en avant » dans des domaines tels que l'accès à l'éducation ou la santé. Il a toutefois insisté sur l'impératif pour les décideurs mondiaux de « faire en sorte que cela se traduise concrètement dans l'économie réelle ».
Au-delà de l'intelligence artificielle, le forum a également été marqué par les tensions géopolitiques. La guerre opposant l'Iran aux États-Unis et à Israël a fragilisé l'économie mondiale depuis le début de l'année, pesant sur les perspectives de croissance et la confiance des investisseurs. Les participants ont ainsi appelé à une coordination accrue pour faire face à ces incertitudes.