Les États-Unis ont lancé, ce mardi, une série de frappes aériennes contre des cibles en Iran, quelques heures après avoir révoqué une autorisation qui permettait la vente de pétrole iranien sur les marchés mondiaux. Cette double action militaire et économique répond aux attaques attribuées aux forces iraniennes contre trois navires marchands transitant par le détroit d'Ormuz, selon le Pentagone.
Le Commandement central américain (Centcom) a annoncé sur les réseaux sociaux que « les forces américaines ont commencé à lancer une série de frappes puissantes contre l'Iran pour imposer un lourd tribut à ceux qui ciblent et attaquent des navires commerciaux transportant des civils innocents dans une voie navigable internationale ».
Des attaques visant des pétroliers saoudien et qatari
Parmi les bâtiments visés figurent un pétrolier saoudien et un navire de transport de gaz naturel liquéfié battant pavillon qatari, qui se trouvaient au large des côtes omanaises. Ces incidents ont menacé de compromettre la reprise des approvisionnements énergétiques dans la région et de faire échouer l'accord préliminaire conclu entre Washington et Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, une voie stratégique pour le commerce pétrolier mondial.
Le Centcom a qualifié ces agressions de « injustifiées, dangereuses et en violation claire du cessez-le-feu ».
Téhéran n'a pas revendiqué ces attaques, et les autorités iraniennes n'ont pas réagi publiquement dans l'immédiat. Le pays est plongé dans plusieurs jours de cérémonies funéraires pour l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême tué au premier jour de la guerre. Les négociations entre l'Iran et les États-Unis ont été suspendues jusqu'à la fin de ces obsèques.
La révocation de la dérogation pétrolière
Le Trésor américain avait, plus tôt dans la journée, annulé la dérogation qui autorisait les ventes de pétrole iranien dans le monde. Cette décision, prise avant les frappes, s'inscrit dans le cadre d'un durcissement des sanctions économiques contre Téhéran.
Bien que Washington et Téhéran aient convenu de rétablir l'accès au détroit d'Ormuz – le président Trump déclarant la voie ouverte à la navigation sans restriction –, l'accord préliminaire ne précise pas les modalités exactes de cette réouverture. Il confie à l'Iran la tâche de permettre le passage des navires longtemps bloqués. Téhéran insiste pour que les bâtiments commerciaux naviguent près de ses côtes, dans un chenal sous contrôle iranien, tandis que de nombreux navires empruntent une route proche de la côte omanaise, avec l'aide américaine.
Implications régionales
Ces frappes marquent une escalade significative dans le conflit qui oppose les deux pays depuis plusieurs mois. Elles surviennent alors que les funérailles de l'ayatollah Khamenei mobilisent l'attention en Iran et que le leadership du pays est affaibli. La communauté internationale suit de près l'évolution de la situation, craignant une interruption durable des flux pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part importante du pétrole mondial.
Aucune information n'a encore été diffusée sur l'ampleur des dégâts causés par les frappes américaines, ni sur d'éventuelles pertes humaines.