Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a une nouvelle fois pris pour cible les pays européens, les exhortant à s’abstenir de « faire la morale » aux États-Unis. Dans une déclaration rendue publique ce week-end, le chef du Pentagone a dénoncé ce qu’il perçoit comme une attitude paternaliste de la part de certains alliés européens, en particulier sur les questions de défense et de sécurité.
« Nous en avons assez des leçons de morale venues d’Europe », aurait lancé Pete Hegseth devant un parterre de responsables militaires et diplomatiques. Le ministre américain a reproché aux capitales européennes de critiquer Washington tout en ne consacrant pas suffisamment de moyens à leur propre défense, conformément aux engagements pris au sein de l’OTAN.
Cette sortie s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et leurs partenaires européens. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les relations transatlantiques se sont tendues sur plusieurs dossiers, notamment le financement de l’Alliance atlantique, la guerre en Ukraine et les droits de douane. Pete Hegseth, figure clé de l’administration Trump, s’est fait le porte-voix d’une ligne dure exigeant une augmentation significative des dépenses militaires européennes.
Des critiques récurrentes
Le locataire du Pentagone avait déjà adressé des remarques similaires ces derniers mois. Il estime que les Européens doivent assumer une part plus grande de leur sécurité et cesser de se positionner en censeurs de la politique étrangère américaine. Selon lui, les États-Unis en font déjà assez pour la sécurité du continent et ne devraient pas avoir à subir des reproches de la part de nations qui, à ses yeux, ne remplissent pas leurs obligations.
Les déclarations de Pete Hegseth interviennent alors que les discussions sur le budget de l’OTAN restent vives. Plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, sont régulièrement pointés du doigt par Washington pour leurs efforts jugés insuffisants. L’administration Trump a fixé un objectif de 5 % du PIB consacré à la défense, un seuil que peu d’États membres atteignent.
Réactions en Europe
Les propos du secrétaire américain à la Défense n’ont pas manqué de susciter des réactions sur le Vieux Continent. Si certains responsables européens reconnaissent la nécessité de renforcer leurs capacités militaires, beaucoup jugent la forme employée par Pete Hegseth contre-productive. Un diplomate européen a confié que ce type d’invectives ne facilite pas le dialogue et risque d’exacerber les tensions au sein de l’Alliance.
Pour l’heure, aucune réponse officielle commune n’a été formulée par l’Union européenne. Les capitales devraient aborder la question lors des prochaines réunions de l’OTAN prévues dans les semaines à venir. La guerre en Ukraine, qui constitue un point de divergence supplémentaire, devrait également figurer à l’ordre du jour.
En attendant, Pete Hegseth maintient la pression. Ses critiques rappellent que, sous l’administration Trump, la relation transatlantique est placée sous le signe de l’exigence et du rapport de force, loin des appels à l’unité qui prévalaient sous les mandats précédents. L’avenir de la coopération entre les deux rives de l’Atlantique demeure incertain.