L’Assurance maladie va rembourser, à compter de la mi-juin, deux traitements contre l’obésité, Wegovy et Mounjaro. Le remboursement, fixé à 65 %, concerne les patients souffrant d’obésité massive (sans comorbidité) ou sévère (avec comorbidité). Selon la ministre de la Santé, le coût pour les finances publiques est estimé à « une centaine de millions d’euros » par an.
Un coût maîtrisé malgré un prix élevé
Les deux médicaments se présentent sous forme de stylos injectables à usage mensuel. Leur prix actuel, hors remboursement, atteint plusieurs centaines d’euros – entre 250 et 400 euros par mois pour Wegovy d’après le laboratoire. Dès leur inscription sur la liste des produits remboursables, leur tarif est réglementé. Le patron français de Novo Nordisk, qui commercialise Wegovy, a indiqué que le prix mensuel du traitement passera à « 146,91 euros par mois sur les trois premiers dosages ». Une baisse significative qui vise à contenir la dépense publique.
Un public cible d’un million de personnes
Le gouvernement a identifié comme éligibles environ un million de personnes en France. Toutefois, seuls les cas les plus graves pourront obtenir une prescription, dans le cadre d’un encadrement strict. Les critères précis seront définis par la Haute Autorité de santé. Le remboursement à 65 % sera complété par une prise en charge de la complémentaire santé pour la part restante.
Des conditions strictes pour éviter les abus
L’exécutif entend éviter un mésusage de ces traitements, qui ont connu un succès mondial et attiré une forte demande, parfois pour des raisons esthétiques. Le remboursement sera donc soumis à une prescription initiale par un médecin spécialiste (endocrinologue, nutritionniste) et à un suivi régulier. Les patients devront également justifier d’un indice de masse corporelle (IMC) minimal, selon des seuils fixés par les autorités sanitaires.
Une décision saluée par l’industrie
Novo Nordisk, laboratoire danois à l’origine du Wegovy, s’est « félicité de ce progrès » dans un communiqué. La filiale française du groupe estime que ce remboursement constitue une avancée pour les patients obèses, longtemps privés d’accès à des traitements efficaces et onéreux. Le Mounjaro, développé par Eli Lilly, est également concerné.
Une charge budgétaire sous surveillance
L’estimation de 100 millions d’euros par an reste une projection. Le coût réel dépendra du nombre de patients traités, de la durée des prescriptions et de l’évolution des prix. Les autorités surveilleront de près l’impact sur l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam). La décision intervient dans un contexte de déficit de la Sécurité sociale, mais le gouvernement justifie cette dépense par les bénéfices attendus en matière de santé publique et de réduction des complications liées à l’obésité (diabète, hypertension, etc.).
Un cadre encadré pour une innovation majeure
Ces deux médicaments, appelés analogues du GLP-1, agissent sur la satiété et la régulation de la glycémie. Leur mise sur le marché a ouvert une nouvelle ère dans la lutte contre l’obésité, mais leur coût élevé suscitait des débats sur leur accessibilité. Avec ce remboursement sous conditions, la France rejoint d’autres pays européens qui ont déjà intégré ces traitements dans leur panel de soins.