Les autorités britanniques ont procédé à l’interpellation de huit individus dans le cadre d’une vaste enquête visant un réseau international présumé, dont les membres sont accusés de droguer des femmes de leur entourage avant de les agresser sexuellement. L’annonce a été faite ce jeudi par l’Agence nationale de lutte contre la criminalité (NCA), qui coordonne les investigations.

Selon les éléments communiqués par l’agence, quatorze enquêtes distinctes ont été ouvertes, au Royaume-Uni comme à l’étranger. Les enquêteurs ont déjà identifié plus de 270 suspects à travers le monde. L’affaire a pris une ampleur internationale après qu’une enquête menée en 2025 par des journalistes allemands a mis au jour un forum en ligne utilisé pour organiser ce type de délits. La NCA a ensuite exploré cette plateforme – dont le nom n’a pas été rendu public – et découvert ce qu’elle décrit comme « un réseau véritablement international dont les membres ont été identifiés dans des dizaines de pays répartis sur tous les continents ».

Des agressions sexuelles « de plus en plus organisées »

Nigel Leary, directeur adjoint de la NCA, a souligné la mutation du phénomène. « Les agressions sexuelles sous l’emprise de drogues ne constituent plus des comportements isolés, mais sont de plus en plus organisées », a-t-il déclaré. Il a également qualifié l’étendue des faits constatés de « profondément préoccupante ».

Les suspects arrêtés au Royaume-Uni sont actuellement en détention. Les autorités n’ont pas précisé leur identité ni les chefs d’accusation précis retenus à ce stade. Les investigations se poursuivent dans plusieurs pays, et de nouvelles interpellations ne sont pas exclues.

Un parallèle avec l’affaire Pelicot

Cette affaire rappelle par bien des aspects le retentissement provoqué par le procès de Dominique Pelicot en France, jugé en 2025 pour avoir drogué et livré son épouse Gisèle à des inconnus pendant près de dix ans. Depuis cette affaire emblématique, de nombreux cas similaires ont été mis au jour à travers l’Europe, alimentant les craintes d’une généralisation des pratiques de soumission chimique à des fins d’agressions sexuelles.

La NCA, qui lutte contre la criminalité organisée transnationale et les infractions graves, a qualifié les faits d’« agressions sexuelles organisées sous l’effet de substances », une catégorie qui prend une importance croissante dans les dossiers traités par l’agence.

Les autorités britanniques n’ont pas fourni de calendrier pour la suite des enquêtes, mais l’ampleur du réseau et le nombre de suspects identifiés laissent présager des développements judiciaires significatifs dans les mois à venir.