Le sommet semestriel du Mercosur s'est ouvert ce lundi à Asunción, au Paraguay, dans un climat marqué par les dissensions internes autour de l'accord de libre-échange signé avec l'Union européenne. Alors que le texte a été officiellement achevé après plus de vingt-cinq ans de négociations, les dirigeants sud-américains peinent à masquer leurs inquiétudes quant à ses implications concrètes.

Des conditions jugées déséquilibrées Plusieurs participants ont exprimé leur mécontentement face à ce qu'ils perçoivent comme un déséquilibre entre les deux blocs. « Le terrain n'est pas égal pour tout le monde », a ainsi confié une source proche des discussions, reflétant un sentiment largement partagé par les pays membres les moins industrialisés. L'ouverture des marchés agricoles et l'accès aux produits manufacturés européens sont au cœur des préoccupations, certains États craignant de voir leurs filières locales fragilisées.

Un front uni en apparence Malgré les réserves, les quatre membres fondateurs du Mercosur – Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay – ont officiellement entériné l'accord avec Bruxelles en fin d'année dernière. Toutefois, la mise en œuvre du traité nécessite désormais une ratification par les parlements nationaux de chaque partie, une étape qui s'annonce délicate. Le sommet paraguayen est ainsi l'occasion pour les chefs d'État de tenter de concilier leurs positions avant d'entamer les consultations internes.

Des enjeux agricoles et industriels Les divergences portent notamment sur les clauses de sauvegarde et les calendriers de réduction tarifaire. L'agrobusiness brésilien et argentin voit dans l'accord une opportunité d'exporter davantage de viande et de céréales vers l'Europe, tandis que les secteurs industriels du Paraguay et de l'Uruguay redoutent une concurrence accrue des produits européens. Ces tensions traditionnelles au sein du bloc se sont ravivées à mesure que les détails de l'accord ont été rendus publics.

Un sommet sous haute surveillance La rencontre d'Asunción se déroule en présence des ministres de l'Économie et des Affaires étrangères, ainsi que de représentants de la société civile. Les discussions devraient se poursuivre jusqu'à mercredi, avec pour objectif affiché de présenter un front commun face à l'Union européenne lors des prochaines réunions bilatérales. Néanmoins, les observateurs notent que l'unité du Mercosur reste fragile, chaque pays cherchant à défendre ses intérêts nationaux avant tout.