Chaque été, elles envahissent les pique-niques, les terrasses et les plages, semant parfois la panique. Pourtant, abeilles et guêpes, bien qu’appartenant au même ordre des hyménoptères, présentent des différences notables de morphologie, de comportement et de dangerosité. Voici les principaux critères pour les reconnaître.

Des couleurs et des goûts opposés Le premier indice visuel réside dans la coloration. L’abeille domestique, la plus courante en France, arbore des rayures brunes et jaune terne. La guêpe, elle, se distingue par des rayures noires et jaune vif, bien plus contrastées. Si l’on s’approche, leur régime alimentaire trahit aussi leur identité. Les guêpes sont attirées par une large gamme d’aliments : viande, poisson, sucre, etc. Les abeilles, en revanche, ne se nourrissent que de liquides sucrés, comme le nectar des fleurs ou, accidentellement, le soda d’un verre laissé à l’abandon. C’est ce qu’explique l’entomologiste Quentin Rome, spécialiste du sujet, qui rappelle qu’il faut toujours vérifier le contenu de son verre avant de boire en extérieur.

Pigûres : fréquence et gravité différentes Les risques de piqûre ne sont pas les mêmes. Les guêpes, attirées par une grande variété de nourriture, viennent plus souvent déranger les humains. Leur piqûre est généralement bénigne pour une personne non allergique, car elles ne laissent pas leur dard dans la peau et le venin peut être retiré à l’aide d’un Aspivenin. En revanche, les sujets allergiques doivent se rendre immédiatement à l’hôpital après une piqûre de guêpe.

Les piqûres d’abeilles sont plus rares mais potentiellement plus dangereuses. L’abeille laisse en effet une poche de venin à la surface de la peau, reconnaissable à sa taille de deux à trois millimètres, qui bouge. « Il faut l’enlever mais surtout ne pas la faire éclater, donc oubliez la pince à épiler », prévient Quentin Rome. Une mauvaise manipulation peut en effet libérer la totalité du venin et aggraver la réaction.

Habitat : ruche contre nid souterrain Le lieu de vie constitue un autre élément de distinction. Les abeilles se regroupent dans des ruches, placées idéalement à au moins 40 centimètres du sol pour éviter l’humidité. Les guêpes, quant à elles, construisent leurs nids dans le sol, dans d’anciens terriers de rongeurs, sous les faux plafonds ou dans les haies. Observer l’emplacement peut donc rapidement lever le doute.

Un point commun : une piqûre défensive Malgré ces différences, les deux espèces partagent un même réflexe : elles ne piquent que pour se défendre. « Elles ne sucent pas notre sang par plaisir mais pour répondre aux gestes d’agitation que nous faisons pour les écarter », souligne l’entomologiste. Ainsi, la meilleure façon d’éviter une piqûre est de rester calme et d’éviter tout mouvement brusque.

Alors que la Journée mondiale des abeilles est célébrée ce 20 mai, ces précisions permettent de mieux connaître ces insectes souvent mal-aimés, et de savoir réagir en leur présence.