Les Bourses européennes ont évolué sans direction claire lors de la séance du mardi 26 mai, les investisseurs oscillant entre l'optimisme suscité par des données économiques encourageantes et la prudence imposée par une inflation qui continue de progresser. L'indice CAC 40 à Paris a terminé en légère hausse, gagnant 0,18 %, tandis que le Dax de Francfort avançait de 0,28 %. À Londres, le FTSE 100 est resté quasi inchangé, cédant 0,03 %.
Une inflation qui inquiète
La publication des prix à la consommation en Allemagne a constitué le principal point d'attention. Outre-Rhin, l'inflation annuelle a atteint 3,2 % en mai, un niveau supérieur aux attentes des économistes qui tablaient sur 3,0 %. Cette accélération a ranimé les craintes d'un resserrement monétaire plus abrupt de la part de la Banque centrale européenne, même si l'institution a récemment laissé entendre qu'elle pourrait entamer un cycle de baisse des taux lors de sa prochaine réunion. Les prix des services, particulièrement dynamiques, et ceux de l'alimentation sont pointés comme les principaux moteurs de cette hausse.
La croissance française, sujet de préoccupation
Les opérateurs ont également digéré la révision en baisse du produit intérieur brut français au premier trimestre. La croissance a finalement reculé de 0,1 % sur les trois premiers mois de l'année, un chiffre moins bon que l'estimation initiale de stabilité. Ce repli a été attribué à une faible consommation des ménages et à une contraction de l'investissement des entreprises. Cette nouvelle a pesé sur la tendance des valeurs françaises les plus cycliques.
Les valeurs automobiles à la peine
Dans le détail, plusieurs secteurs se sont distingués. L'automobile a souffert : Stellantis a perdu 1,8 %, pénalisé par des inquiétudes sur la demande en Europe et en Chine, après des commentaires prudents de certains équipementiers. Renault a suivi le mouvement avec un recul de 1,2 %.
TotalEnergies dans le vert avant son assemblée générale
À l'inverse, le secteur de l'énergie a profité d'un rebond modéré des cours du pétrole, le baril de Brent se négociant autour de 83 dollars. TotalEnergies a clôturé en hausse de 0,6 %, à la veille de son assemblée générale des actionnaires. Celle-ci s'annonce sous tension, plusieurs ONG et fonds activistes contestant la stratégie climatique du groupe et l'usage de ses « superprofits » liés à la flambée des hydrocarbures.
Les banques et le luxe en ordre dispersé
Les établissements financiers ont connu un parcours contrasté. BNP Paribas a cédé 0,3 %, tandis que Société Générale s'est appréciée de 0,5 %, soutenue par un relèvement d'objectif de cours de la part d'une banque d'affaires. Dans le luxe, LVMH a gagné 0,7 %, porté par un regain d'intérêt pour les valeurs exposées à la clientèle chinoise, alors que Kering baissait de 0,4 %.
Aux États-Unis, ouverture prudente de Wall Street
Outre-Atlantique, les indices américains ont ouvert en légère baisse. Le Dow Jones perdait 0,2 % en début de séance, le S&P 500 reculait de 0,15 % et le Nasdaq, dominé par les valeurs technologiques, grappillait 0,1 %. Les opérateurs attendent la publication, en fin de semaine, de l'indice d'inflation PCE, le baromètre préféré de la Réserve fédérale américaine, pour ajuster leurs anticipations sur le calendrier des baisses de taux aux États-Unis.
Macroéconomie : le moral des ménages allemands se redresse
Côté indicateurs, l'institut GfK a fait état d'une nouvelle amélioration du moral des consommateurs allemands pour le mois de juin. L'indice, qui anticipe les dépenses des ménages, est remonté à -20,9 points contre -24,2 points en mai, son plus haut niveau depuis près de deux ans. Cette embellie, portée par un revenu disponible en progression et un marché de l'emploi toujours robuste, a apporté un certain soutien aux valeurs européennes orientées vers la consommation intérieure.
Devises et matières premières
Sur le marché des changes, l'euro a progressé face au dollar, s'échangeant à 1,0870 dollar, dans un contexte de faiblesse du billet vert après des propos jugés accommodants d'un responsable de la Fed. L'or a légèrement fléchi, à 2 350 dollars l'once, les investisseurs préférant les actifs risqués. Le pétrole, comme mentionné, a repris quelques cents dans l'attente de la réunion de l'OPEP+ prévue début juin, où les pays producteurs décideront de leur politique de production pour le second semestre.
Les marchés obligataires sous tension
Enfin, le marché obligataire a montré des signes de tension: le rendement de l'OAT française à dix ans a progressé de 4 points de base, à 3,18 %, tandis que son équivalent allemand, le Bund, montait à 2,62 %. Cette hausse reflète les craintes inflationnistes et la perspective d'une émission massive de dette publique en France pour financer les nouveaux budgets.