Après près de dix semaines d’audience, le procès du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de 2007 touche à sa fin. Ce mercredi 27 mai, les avocats de Nicolas Sarkozy ont plaidé pendant plus de six heures devant la première chambre de la cour d’appel de Paris, réclamant la relaxe de leur client. Ils ont qualifié l’accusation de « roman grotesque », dénonçant un récit sans fondement selon eux.

Le parquet général avait requis sept ans de prison à l’encontre de l’ancien chef de l’État, le présentant comme l’« instigateur » d’un pacte de corruption avec le régime de Mouammar Kadhafi. Les charges retenues incluent association de malfaiteurs, corruption et financement illégal de campagne électorale, avec de l’argent public libyen détourné. Les magistrats ont estimé que cette affaire représente « le plus haut niveau de gravité que la République puisse connaître ».

Des plaidoiries vigoureuses

Les quatre avocats de Nicolas Sarkozy ont tenté de démolir point par point l’édifice de l’accusation. Ils ont notamment contesté la fiabilité des témoignages et des documents présentés comme preuves. Insistant sur l’absence de preuve matérielle directe, ils ont plaidé que le dossier ne contenait que des allégations, des « racontars » et des interprétations. « C’est un roman, un roman grotesque », a lancé l’un des conseils, en référence à la thèse d’un financement libyen.

La défense a également souligné les contradictions et les revirements de certains témoins clés, dont d’anciens intermédiaires et des figures du régime libyen. Elle a estimé que le parquet s’était appuyé sur des éléments non vérifiés et sur des déclarations intéressées de personnes ayant tout à gagner à charger l’ancien président.

Un délibéré attendu dans plusieurs mois

La cour d’appel a mis l’affaire en délibéré et rendra sa décision le 30 novembre prochain. D’ici là, Nicolas Sarkozy reste présumé innocent. Ce procès, qui s’est tenu dans une atmosphère particulièrement lourde et sous une forte chaleur dans la salle d’audience, a capté l’attention des médias et de l’opinion publique.

Contexte de l’affaire

L’enquête sur un possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 a débuté en 2013, après des accusations portées par des figures de l’ancien régime libyen. Elle a donné lieu à de multiples investigations, perquisitions et mises en examen. L’ancien président a toujours fermement nié toute implication dans un tel pacte. Le procès en appel intervient après une première condamnation en première instance, dont les modalités n’ont pas été précisées dans les sources, mais qui a été suivie d’un appel de la défense.

Les avocats ont également dénoncé la procédure, estimant qu’elle reposait sur des « accusations sans fondement » et qu’elle s’inscrivait dans une logique de « persécution » politique. Ils ont appelé les juges à « faire preuve de courage » et à « dire le droit » en prononçant une relaxe.