Trois cents ressortissants ghanéens ont quitté l'Afrique du Sud mercredi à bord d’un vol spécial de rapatriement, a annoncé le ministère ghanéen des Affaires étrangères. Ils sont partis de l’aéroport international OR Tambo, à Johannesburg, en direction d’Accra.

Ce premier convoi aérien s’inscrit dans un programme de rapatriement qui devrait concerner au total quelque 800 Ghanéens. Le Haut-Commissaire du Ghana en Afrique du Sud, Benjamin Quashie, a précisé qu’un second vol était prévu dimanche. Selon lui, davantage de Ghanéens se sont présentés à l’aéroport que le nombre inscrit sur la liste officielle.

Un contexte de violences xénophobes

Ces départs interviennent alors que des manifestations et des violences visant les étrangers se multiplient en Afrique du Sud. Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes, notamment Johannesburg, Pretoria et Durban. Le pays, première économie du continent, attire de nombreux migrants légaux et clandestins. Le chômage dépasse les 30 %, un facteur qui alimente le ressentiment envers les étrangers.

La montée des rhétoriques anti-migrants s’est intensifiée à l’approche des élections municipales de novembre. Le mois dernier, la diffusion d’une vidéo montrant l’agression d’un Ghanéen, Emmanuel Asamoah, avait exacerbé les craintes au sein de la communauté ghanéenne. En avril, le Ghana avait convoqué le plus haut représentant diplomatique sud-africain pour protester contre ce qu’il qualifie d’« attaques xénophobes continues » contre ses ressortissants.

Des statuts migratoires irréguliers

Un responsable de l’immigration sud-africain a indiqué à la chaîne locale eNCA que seuls dix des passagers du vol de mercredi séjournaient légalement en Afrique du Sud, ajoutant qu’« un assez grand nombre d’entre eux ne sont pas en conformité avec notre loi sur l’immigration ».

Soutien du Ghana aux rapatriés

Le Ghana s’est engagé à fournir une aide financière, psychologique et sociale aux citoyens rapatriés. Ce programme concerne également d’autres nationalités : plus tôt dans le mois, le ministre nigérian des Affaires étrangères avait indiqué qu’au moins 130 Nigérians en Afrique du Sud avaient demandé à être rapatriés en raison du climat anti-migrants.

Réaction des autorités sud-africaines

En mai, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré qu’« il n’y a pas de place en Afrique du Sud pour la xénophobie, la mobilisation ethnique ou l’intolérance violente ». Ces propos n’ont pas, pour l’instant, enrayé la vague de départs volontaires de ressortissants étrangers.