À 60 ans, Alan Davies semble avoir troqué la frénésie des projecteurs contre une paix intérieure retrouvée. Connu pour son rôle dans la série télévisée Jonathan Creek et ses apparitions dans l’émission QI, le comédien s’est confié dans une rare interview, revenant sur les « mauvais moments » et les « mauvais comportements » qui ont jalonné sa carrière, ainsi que sur son récent diagnostic de cancer de la vessie et les cicatrices laissées par une enfance marquée par des abus sexuels.

Des excès à l’introspection

Davies n’a pas caché avoir été un « angry boy » (garçon en colère), une colère qu’il attribue en partie aux abus sexuels subis durant son enfance. Ce passé douloureux, dit-il, a alimenté un comportement parfois excessif, notamment dans les années 1990, une décennie où la culture de la célébrité et de la fête régnait en maître. « Il y a eu de mauvais moments et un mauvais comportement », a-t-il reconnu, évoquant sans détails précis une période où l’alcool et l’ego prenaient le pas sur la raison.

Aujourd’hui, l’heure n’est plus à la provocation. Davies se décrit comme un homme « beaucoup plus heureux », apaisé par les années et les responsabilités familiales. La paternité, en particulier, semble avoir joué un rôle central dans cette transformation. « J’ai changé, j’ai grandi », a-t-il expliqué, soulignant que son regard sur la vie et sur lui-même s’est adouci.

Une épreuve de santé

Le comédien a également révélé avoir été confronté à un cancer de la vessie, une épreuve qu’il a traversée avec discrétion. Sans entrer dans les détails médicaux, il a indiqué que cette expérience – aujourd’hui derrière lui – a renforcé son sentiment de vulnérabilité et de gratitude. « Cela vous rappelle ce qui compte vraiment », a-t-il confié.

Un humoriste métamorphosé

L’entretien s’est déroulé au Pleasance Theatre, à Islington, un lieu qu’il connaît bien pour y avoir joué de nombreuses fois. Contrairement à ses habitudes de performer, Davies a choisi de s’asseoir dans la salle plutôt que sur scène, un choix symbolique de sa nouvelle posture : moins de pression, plus d’écoute. Interrogé sur la tentation de monter sur scène pour un one-man-show improvisé, il a souri : « Un peu, oui. »

Malgré les années de célébrité, Davies reste lucide sur les excès du milieu du divertissement. « Il y avait beaucoup d’ego, beaucoup d’alcool », a-t-il rappelé, sans jamais nommer de noms ni accabler un système. Il préfère aujourd’hui mettre en avant les joies simples : lire, passer du temps avec ses enfants, et travailler sur de nouveaux projets avec une maturité retrouvée.

Un témoignage sur les abus

Davies a également brisé le silence sur les abus sexuels qu’il a subis étant enfant. Il explique que cette expérience a façonné sa personnalité et alimenté sa colère adolescente. « C’est ce qui a fait de moi ce garçon en colère », a-t-il déclaré, ajoutant que le chemin vers la guérison a été long. Ce n’est que récemment qu’il s’est senti capable d’en parler ouvertement, voyant dans cette confession un acte libérateur.

Un avenir serein

À 60 ans, Alan Davies semble avoir trouvé un équilibre. Il continue de travailler dans la comédie et la télévision, mais avec une approche différente, moins obsédée par la reconnaissance immédiate. « Je suis plus heureux que je ne l’ai jamais été », a-t-il conclu, offrant le portrait d’un homme qui a survécu aux tempêtes de la jeunesse et de la maladie pour savourer une paix durement gagnée.