Un choc économique en cascade
Le conflit entre l'Iran et ses adversaires pèse désormais lourdement sur l'industrie agroalimentaire britannique. Face à une flambée des coûts des matières premières, des emballages et du transport, plusieurs grands groupes présents au Royaume-Uni ont annoncé leur intention de répercuter ces hausses sur les consommateurs dans les semaines à venir. Cette décision, confirmée par des cadres dirigeants, intervient alors que l'inflation alimentaire, après une accalmie relative, pourrait repartir à la hausse.
Des intrants sous pression
Les entreprises concernées évoquent une triple pression sur leurs approvisionnements. En premier lieu, le prix des céréales et des huiles alimentaires a bondi sur les marchés internationaux, en raison des perturbations des routes maritimes en provenance du Moyen-Orient et de la volatilité des cours du pétrole, qui renchérit le coût du transport et de la production d'engrais. Ensuite, le gaz naturel utilisé pour la transformation des aliments (séchage, cuisson, chauffage des serres) a vu son tarif grimper, les tensions géopolitiques perturbant les approvisionnements énergétiques. Enfin, le coût du fret maritime et de l'assurance des cargaisons a augmenté, les navires devant emprunter des routes plus longues pour éviter les zones de conflit.
Des hausses de prix inévitables selon les industriels
Plusieurs dirigeants de l'agroalimentaire britannique ont indiqué que les marges étaient désormais trop faibles pour absorber ces surcoûts. "Nous avons tout fait pour limiter l'impact sur les consommateurs ces derniers mois, mais la situation actuelle n'est plus tenable", a déclaré l'un d'eux, sous couvert d'anonymat, lors d'une réunion sectorielle. Les hausses annoncées concernent des produits de première nécessité : pain, pâtes, huiles de cuisson, produits laitiers et viande. Les fourchettes d'augmentation, qui varient selon les catégories, pourraient atteindre plusieurs points de pourcentage dès le trimestre prochain.
Un contexte géopolitique dégradé
Les entreprises britanniques sont directement exposées aux conséquences de l'élargissement du conflit au Moyen-Orient. Les frappes et les contre-mesures ont provoqué une flambée du prix du pétrole brut, qui dépasse les 100 dollars le baril, et des perturbations dans le détroit d'Ormuz, voie de transit majeure pour les hydrocarbures et les marchandises. Le Royaume-Uni, qui importe une part importante de son blé et de ses huiles végétales, subit de plein fouet ces tensions.
Réactions des autorités et des consommateurs
Le gouvernement britannique est alerté de ces perspectives de hausse. Des contacts ont eu lieu entre les ministères de l'Économie et de l'Agriculture et les représentants de la grande distribution pour tenter de limiter l'impact sur les ménages, déjà éprouvés par la crise du coût de la vie. Aucune mesure concrète de blocage des prix n'a toutefois été évoquée, le gouvernement privilégiant une surveillance des marchés et un dialogue avec les acteurs économiques.
Les associations de consommateurs, de leur côté, dénoncent "une nouvelle ponction sur le budget des familles" et appellent à un renforcement des aides alimentaires. Le climat social s'annonce tendu à l'approche de l'automne, période traditionnelle de revalorisation des prix.
Des conséquences sur l'emploi et l'investissement
Au-delà des prix, le conflit iranien pèse également sur l'investissement et l'emploi dans le secteur. Certaines usines agroalimentaires pourraient réduire leur production ou reporter des projets d'extension, faute de visibilité sur les approvisionnements et les coûts. Les syndicats s'inquiètent de l'avenir de plusieurs sites de transformation, notamment dans les régions dépendantes de l'agriculture intensive.
Vers une inflation alimentaire durable ?
Les économistes estiment que ces hausses de prix pourraient s'inscrire dans la durée si le conflit perdure ou s'intensifie. L'indice des prix alimentaires britannique, qui avait montré des signes de stabilisation, pourrait ainsi repartir à la hausse dès le milieu de l'année. Le Royaume-Uni, dont la dépendance aux importations alimentaires s'est accrue avec le Brexit, apparaît particulièrement vulnérable à ce type de choc externe.
Les prochaines semaines seront décisives pour mesurer l'ampleur réelle des hausses et la capacité du gouvernement à amortir le choc pour les ménages les plus modestes.