Le site François-Mitterrand de la Bibliothèque nationale de France (BnF), inauguré il y a trente ans, doit faire l’objet d’une remise en état majeure dans les années à venir, selon une mission de contrôle du Sénat dédiée à la politique immobilière de l’établissement. Le rapport, présenté jeudi, évalue le coût total de l’opération à 527,6 millions d’euros, dont environ 200 millions de « dette technique » si aucun chantier n’est engagé d’ici 2030.

Des équipements vieillissants et des enjeux énergétiques

Les travaux sont rendus nécessaires par « le vieillissement des équipements et aux exigences énergétiques », indiquent les sénateurs. Le rapport parle d’un « mur d’investissements à venir » et invite la direction de la BnF à « établir le plus rapidement possible une trajectoire budgétaire pluriannuelle » pour faire face à cette charge financière.

La direction de la BnF se prépare

La Bibliothèque nationale de France a réagi dès la publication du rapport en indiquant avoir « entrepris depuis plusieurs mois un travail technique fin pour prioriser les travaux, et construire une programmation qui préservera l’ouverture de ses sites ». En 2025, ces derniers ont accueilli plus de 1,9 million de visiteurs. L’établissement s’efforce donc de concilier les nécessaires rénovations avec le maintien de l’accès du public.

Un patrimoine immobilier colossal

La BnF possède un parc immobilier dont la valeur brute est estimée à 1,49 milliard d’euros. Elle a déjà achevé en 2022 la rénovation de son site historique de la rue de Richelieu, au cœur de Paris. Ce chantier, qualifié de « réussite » par la commission sénatoriale, a coûté 261,3 millions d’euros, avec un « financement maîtrisé ».

Un nouveau centre de conservation à Amiens

Parallèlement, pour répondre à la saturation de ses espaces de stockage, la BnF mène la construction d’un centre de conservation à Amiens, destiné notamment aux collections de presse. Le coût total de ce projet est chiffré à 116,4 millions d’euros, dont près de 60 % à la charge de l’État. Le rapport du Sénat recommande à la BnF de « sécuriser ce financement ». Ce nouveau site devrait contribuer à alléger la pression immobilière qui pèse sur les installations parisiennes.

Un appel à une planification budgétaire

Le rapport sénatorial insiste sur la nécessité de planifier très en amont le financement des travaux du site François-Mitterrand. La perspective d’une facture de plus d’un demi-milliard d’euros dans un contexte budgétaire contraint appelle, selon les auteurs, une programmation pluriannuelle rigoureuse, afin d’éviter que l’urgence ne se transforme en situation critique.