Le ministère fédéral de la Santé prépare un projet de loi visant à augmenter les cotisations des adultes sans enfants pour financer le système d'assurance dépendance, dont la situation se dégrade en raison du vieillissement démographique et d'un manque chronique d'investissements. Cette mesure, qui devrait être dévoilée dans les prochains jours, cible spécifiquement les personnes n'ayant pas d'enfants, lesquelles seraient soumises à une contribution plus élevée que les parents.

Selon les informations disponibles, le texte prévoit un relèvement du taux de cotisation pour les assurés sans enfants, sans préciser le montant exact de l'augmentation. Actuellement, le système d'assurance dépendance allemand est financé par des cotisations prélevées sur les salaires, avec un supplément pour les adultes sans enfants depuis 2005. Le nouveau projet de loi irait plus loin en accentuant cette différence, afin de dégager des recettes supplémentaires pour faire face à l'explosion des coûts liés à la prise en charge des personnes âgées dépendantes.

Le gouvernement justifie cette mesure par le déséquilibre croissant entre le nombre de cotisants et le nombre de bénéficiaires. Avec une population vieillissante, les dépenses de soins de longue durée augmentent rapidement, tandis que le nombre de personnes en âge de travailler stagne. Les parents, en élevant des enfants, contribuent indirectement au renouvellement des générations de cotisants futurs, ce qui justifierait, selon les autorités, une charge moindre pour eux. Les adultes sans enfants, en revanche, ne participent pas à ce renouvellement et devraient donc supporter une part plus importante du financement.

Un système sous tension

Le système d'assurance dépendance allemand est fragilisé depuis plusieurs années. Malgré des réformes successives, les réserves financières s'épuisent et les prévisions indiquent une aggravation de la situation dans les décennies à venir. Le nombre de personnes nécessitant des soins dépasse régulièrement les estimations, tandis que le coût des prestations augmente plus vite que les recettes. La mesure envisagée s'inscrit dans une série de décisions visant à sauvegarder le système sans recourir à une hausse généralisée des cotisations, qui pèserait sur l'ensemble des actifs.

Réactions et oppositions

Le projet de loi suscite déjà des débats. Les associations de défense des consommateurs et certains partis d'opposition critiquent une discrimination à l'égard des personnes sans enfants, qu'elles soient célibataires ou en couple, et dénoncent une mesure injuste qui ne tient pas compte des situations individuelles (infertilité, choix de vie, etc.). D'autres estiment au contraire que le principe de solidarité intergénérationnelle justifie une contribution accrue de ceux qui n'élèvent pas d'enfants. Le gouvernement devra arbitrer ces positions avant de présenter le texte au Parlement.

Le ministère de la Santé n'a pas encore communiqué officiellement sur le contenu précis du projet, mais les discussions internes seraient avancées. Une adoption pourrait intervenir d'ici la fin de l'année, avec une entrée en vigueur possible en 2027. En attendant, le débat sur le financement de la dépendance reste ouvert, alors que la pression démographique ne cesse de croître.